Carina Shero : Instagram censure-t-il les modèles “plus size” ?

Vous le savez, Instagram c’est de la merde on ne porte pas spécialement Instagram dans notre cœur. Spécialiste de la censure à outrance et des bots sexistes, ce réseau social de partage de photographies a bien du mal avec sa modération. Tout comme sa maison mère, Facebook, lorsqu’il y a de la censure, il y a forcément des débordements. C’est encore le cas avec cette dernière affaire en date : le cas Carina Shero.

Carina Shero

Pour ceux qui ne connaîtraient pas Carina Shero, c’est une influenceuse comme on voit des milliers sur la plateforme de Mark Zuckerberg. Son profil propose donc bon nombre de clichés mis en scène où elle se dévoile en lingerie, tout au plus. C’est un schéma assez classique, finalement. La plupart des modèles se montrent très souvent en petite-tenue pour offrir aux fans des petits moment sexy sur ce réseau social un peu trop sage. Rien de bien choquant dans tout ça, ces contenus sont tout à fait acceptables si on en croit les CGU d’Instagram.

Grossophobie ?

La déshumanisation des algorithmes montrent très souvent leurs limites. C’est en tout cas l’expérience que connait Carina Shero qui voit régulièrement ses publications supprimées de la plateforme. Dans ce genre de cas, on a souvent à faire à des signalements massifs, tout simplement parce que les utilisateurs n’aiment pas ce qu’ils voient. C’est là tout le problème de cette censure automatisée, les robots estiment ces signalements comme légitimes et suppriment sans préavis les publications. Un rapide tour sur le compte Instagram du modèle permet de réaliser qu’il n’y a rien de particulier, en tout cas rien de différent des autres modèles que l’on trouve sur cette même plateforme. La seule différence semble être son poids.

Censurer ce qui ne plait pas

Ce genre de cas sont légion et semblent viser plus particulièrement les femmes. Des initiatives comme Taboob s’amusent même des algorithmes et tentent de trouver leurs limites. Le problème majeur vient surtout du fait du manque d’éducation (encore) de bon nombre d’utilisateurs qui ont vite fait d’être choqué par tout ce qui ne rentre pas dans une certaine forme de standardisation de la beauté. Un modèle avec la ligne en maillot de bain ne choquera personne et on passera rapidement sur la publication mais ici, le simple fait que Carina Shero affiche sa “plus size” suffit pour choquer son monde. La vérité, c’est que cette censure automatisée est guidée par de nombreux intolérants qui n’ont juste pas envie de voir ses photos.

Les dangers de la censure automatique

Ici, on connait bien le fonctionnement de la censure sur les réseaux sociaux. Les travailleurs du sexe sont très nombreux à être shadowban ou à voir leurs comptes purement et simplement supprimés. Non pas parce qu’ils publient des choses que la morale réprouve mais tout simplement parce que leur activité déplaît et subissent de très nombreux signalement, pas toujours justifiés. Les utilisateurs avec peu d’influence sont donc contraints à abandonner leurs heures de travail pour se forger une réelle communauté car, soyons honnêtes, il n’y a quasiment aucun recours. Les modérateurs n’ont que faire d’une petite camgirl qui publie quelques selfies. Le problème est bien plus profond que la simple présence de contenus qui peuvent être assimilés à de la pornographie. Les utilisateurs sont les premiers modérateurs et ont trop tendance à vouloir masquer ce qu’ils n’aiment pas. Doit-on absolument ne montrer QUE ce qui plait au plus grand nombre ? La réponse est pourtant évidente : non.

Invisibilisation

Le cas de Carina Shero n’est malheureusement pas isolé. On se souvient de l’affaire Petit Patron dont plusieurs publications ont été censurées car elles mettaient en scène un modèle grande taille. Une situation assez coquasse puisque la marque s’évertue à proposer des vêtements pour toutes les femmes. Comprenez que Petit Patron propose des tailles plus proches de la réalité du terrain. On marche sur la tête, la communauté Instagram refuse simplement que les femmes n’aient pas toutes 60 de tour de taille. Ce réseau social affiche une vision déformée du corps. Les modèles mis en avant sont souvent des “exceptions” et n’ont absolument rien à voir avec le monde réel. De quoi enfermer un peu plus les femmes dans leurs complexes (et leur vendre des régimes).

Se faire l’avocat du Diable

J’aimerais tout de même insister sur le fait qu’Instagram n’est pas le seul coupable ici. Il est évident que des Êtres Humains ne peuvent pas tout modérer sur cette plateforme et les machines sont des outils qui sont là pour les aider. Rentabilité oblige, on a trop tendance à remplacer les Hommes par des robots, incapables de faire la différence entre ce qui pourrait être choquant et ce qui est tout à fait acceptable. Malheureusement, cette culture du like et du nombre de vues a trop tendance à mettre en avant des contenus qui ont déjà de la visibilité. Si les équipes marketing bafouillent des choses autour de l’intelligence artificielle, dans la réalité, ce sont quelques lignes de codes qui font le “tri”. La véritable question qu’il faut se poser c’est : faut-il réellement mettre en avant ce qui est populaire ? Ces “intelligences artificielles” devraient être en mesure de montrer autre chose que ce qu’attendent les utilisateurs. C’est encore plus vrai sur Facebook où les actualités affichées dans votre fil ont tendance à vous conforter dans vos idées et ne vous montrent pas des choses qui permettent la réflexion (Temps de cerveau disponible).

E-D-U-C-A-T-I-O-N

Décidément, c’est LE sujet qui revient le plus souvent. L’éducation a réel enjeu ici. Je ne parle pas seulement des plus jeunes mais aussi des adultes qui sont surement les premiers à signaler les choses qui leur déplaisent. Alors qu’il est relativement simple de continuer à scroller et passer son chemin, nous sommes face à des personnes qui prennent le temps de juger le corps des femmes et à signaler celles qui ne rentrent pas dans leurs normes. Les réseaux sociaux ont pris une vraie place dans notre société. Voulons-nous d’un monde où toutes les personnes auraient le même physique ? Voulons-nous d’une société aseptisée dans laquelle la représentation des corps ne se limiterait qu’à la taille 60 ? Evidemment que non. Alors avant d’effectuer un signalement sur quelque chose que vous n’aimez pas, posez-vous la question de savoir s’il n’est pas plus important d’accepter son prochain tel qu’il est.

Sources :
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