Comment le SEO a changé les titres des films porno

Le métier de SEO (Search Engine Optimization) est apparu avec les moteurs de recherche au début des années 2000. Ces travailleurs œuvrent pour positionner les sites web tout en haut des résultats de Google. L’idée est de générer du trafic et donc d’utiliser les mots-clés les plus populaires du moment. Comment la révolution numérique a-t-elle eue un impact sur la créativité dans le porn ? On vous en parle.

L'arrière-train sifflera 3 fois

“Coupe-toi les ongles et passe-moi le beurre”, “Écarte tes cuisses, je trouve plus ma montre !” ou encore “Prenez la queue comme tout le monde”, dans le milieu des années 70, les titres des films étaient, il faut bien l’avouer, assez créatifs. Tout était fait pour faire rire les passants qui déambulaient devant les affiches des cinémas porno. Claude Gaillard et Guillaume Le Disez seront d’accord avec moi pour dire que cette période était assez fleurissante sur cette question des titres de films. Une manière de présenter les longs métrages qui perdurera jusqu’au milieu des années 90.

Du physique au dématérialisé

La révolution numérique étant passée par là, le web est rapidement devenu la première source de pornographie dans le monde. Il faut dire qu’il n’a jamais été aussi simple de se procurer ces films qui ont très vite été numérisés et publiés sur des sites adultes qui louaient leur catalogue contre un forfait. Bien avant l’arrivée des Netflix et autres plateformes de streaming. En 1995, ces sites affichaient ces fameuses jaquettes de VHS et contre quelques Euros, on pouvait alors les télécharger. La révolution était en marche et le business très rentable. C’était évidemment sur Internet que ce divertissement allait migrer.

Le Web 2.0

Avec le temps, les techniques marketing se sont affûtées et les webmasters ont rapidement compris qu’il était important d’utiliser les bons termes sur leurs sites. On ne cherchait pas les titres de films mais bien des pratiques sexuelles ou des fétichismes. Le fait est qu’il aurait bien été difficile de trouver ces vidéos alors que l’on ne connaissait pas forcément leurs titres. Le SEO est passé par là et, très vite, les sites adultes ont utilisé des mots-clés très optimisés qui leur permettaient d’attirer le chaland dans les rayons de ces boutiques en ligne qui n’en étaient qu’à leur balbutiements.

De la maîtrise de l’outil

C’est à ce moment là, au début des années 2000, que l’on a commencé à faire fi des noms de ces films. Le business était maintenant en ligne et les SEO, maîtrisant désormais leur sujet, commençaient alors à titrer les vidéos de manière très optimisées. Fini les “Chérie, j’ai agrandi les godes” ou les “Le bon, la brute et le trou béant”. Le monde fonctionnait maintenant à base de tags, rapidement popularisés par les tubes qui allaient vampiriser le marché. La génération Y connaissait tous les codes de l’Internet et, bien entendu, tous ces mots-clés populaires qui allaient être exploités jusqu’à la moelle pour faire de ces plateformes de streaming, la première source de pornographie. Encore aujourd’hui, on cherche des termes comme “Mature”, “MILF”, “Anal” et j’en passe. En a-t-on encore quelque chose à faire des titres ?

Vers un peu moins de créativité ?

Miniature sur PornHubCette grande tradition du titre fun a un peu disparu avec les années avec la technologie qui évoluait. En France, des studios comme Dorcel s’en amuse encore, aidé par une puissante machine marketing dont tout le monde ne dispose pas. C’est donc sur les tubes que l’on essaie de faire une place et pour se faire voir, il faut utiliser les bons outils et les mots-clés sont un excellent moyen d’obtenir de la visibilité. C’est pour cette raison que l’on ne voit plus ces titres amusants qui ont fait les beaux jours de l’industrie du X. Tout est catégorisé et descriptif. De nos jours, il n’y a guère de place pour l’aléatoire. Un bon titre de vidéo sera celui qui contiendra au moins deux tags populaires.

Une tradition retrouvée chez les indépendants

Beaucoup de créateurs indépendants ne se retrouvent pas forcément dans le fonctionnement des tubes et ont tendance à proposer leurs films directement sur leurs sites. Je pense, par exemple, à Erika Lust qui a remis de l’artistique dans la pornographie. Les titres de ses films ne sont pas une suite de mots-clés mais bien de vrais noms qui sont liés à une histoire que l’on veut nous raconter. Ici, la stratégie marketing ne repose pas sur du référencement mais bel et bien sur une offre qui se veut être une alternative. Comme quoi le SEO ne fait pas tout et, parfois, l’originalité et la créativité l’emporte sur les techniques de commerciaux.

Vers un retour aux sources ?

Une chose est certaine, sur les tubes, c’est la course aux mots-clés. Difficile de faire autrement pour sortir du lot tant la masse de contenus est importante. Toutefois, on commence à se demander si un titre qui fait sourir ne serait pas tout aussi efficace. Les vidéos étant maintenant bien catégorisées et étiquetées, il ne serait pas étonnant de voir un retour des ces noms de films qui ont fait marrer plusieurs générations. Si une bonne miniature compte beaucoup pour l’incitation au clic, un titre fun pourrait aussi attiser la curiosité. Et si on redevenait créatifs ? Et si on arrêtait d’utiliser toujours les mêmes poncifs du porn pour se mettre en avant ? N’oubliez jamais, qu’un jour, sur des affiches géantes, on pouvait lire “Le plus dur est derrière toi”.

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