Editroll #16 – Décembre 2018 – Que faudra-t-il retenir de l’année écoulée ?

On ne pourra pas dire que l’année 2018 aura été de tout repos. Nous avons continué dans la nouvelle direction que nous avions choisi en juillet 2017. Aujourd’hui, les retours semblent très positifs et nous commençons à voir les résultats de notre travail. Il faut dire que faire de l’éditorial dans ce secteur c’était particulièrement casse-gueule et puisque nous sommes assez peu à penser que c’est une bonne idée, autant y aller à fond.

Mère Noël sexy

Malheureusement, 2018 aura été l’année de la censure. A commencer par Patreon qui foutu à la porte pas mal de travailleurs du sexe notamment Four Chambers (et nous par la même occasion) dont l’essentiel de ses revenus dépendaient de cette plateforme désormais puritaine. Ajoutons à cela notre ami Grégory Dorcel qui pense toujours que c’est une bonne idée de bloquer les tubes. Ou comment donner le bâton pour se faire battre.

Il a aussi beaucoup été question de la protection des mineurs. Il s’est dit beaucoup trop d’âneries sur le sujet pour pouvoir les résumer ici mais comme on est jamais mieux servi que par soi-même, on est allé directement rencontrer cette génération de jeunes traumatisés par la pornographie. D’ailleurs on s’est amusé à lire avec intérêt la toute première étude sur la question publiée cette année et, avec un peu de second degré, mis en comparaison avec les arguments d’illuminés qui ne traitent de ce sujet que pour se faire mousser.

Robin D’Angelo a également fait beaucoup parlé de lui avec son livre “Judy, Lola, Sofia et moi” dans lequel il nous explique comment se déroulent les tournages du porno “amateur” professionnel. Si nous n’étions pas fans de ces boites de productions, les nombreuses révélations de ce journaliste et des différents témoignages recueillis par le passé n’ont fait que nous conforter dans notre idée qu’un autre porno est nécessaire et c’est aussi pour cette raison que nous ne parlerons jamais d’eux ici.

Quand je parle d’année de la censure, YouTube a continué à faire de la merde comme à sa grande habitude en démonétisant toutes les vidéos dont le sujet touchait de près ou de loin au corps des femmes. Un algorithme sexiste et incontrôlable qui semble satisfaire les annonceurs mais laissant sur le carreau de nombreuses YouTubeuses qui ne peuvent pas financer leurs vidéos qui parlent de féminisme, de problèmes intimes ou qui auraient la mauvaise idée de montrer le moindre téton féminin. On a encore un sacré bout de chemin à faire sur ce sujet. On passera aussi sur les gaffes de Facebook qui les accumule de plus en plus.

Heureusement il existe des alternatives au financement par la publicité et des initiatives intéressantes ont pu émerger sur la plateforme vidéo de Google. Je pense à Arnaud Beaudry qui continue à faire ses chroniques sur des films X et sa web-série Réalitix.

Financé via Ulule, XX est aussi un projet très intéressant autour du porno féministe.

L’éducation doit rester au cœur des préoccupations, on l’a bien vu lors de l’Usul Gate lorsque le forum 18-25 a découvert que le vidéaste Usul s’envoyait en l’air avec sa petite copine. Un torrent de bêtise a alors été déversé sur les réseaux sociaux alors que le couple souhaitait juste faire des vidéos porno et les partager. Pas de quoi casser trois pattes à un canard pourtant nombreux ont été ceux qui on voulu le décrédibiliser en utilisant cet “argument”.

Rassurez-vous tout n’est pas négatif, on a vu la naissance de l’émission “Crac Crac” qui parle de cul et de porn à la télévision. Elle semble avoir rencontré son petit succès et c’est plutôt une bonne chose qu’un tel espace existe sur ce vieux média.

Même sur Steam la situation commence à se débloquer, là où les jeux violent 18+ étaient acceptés, le sexe y était toujours censuré. Les choses semblent évoluer dans le bon sens et on espère que les constructeurs de consoles iront également dans ce sens afin que les développeurs de jeux ne se censurent plus pour des raisons faussement morales. En tout cas, c’est un premier pas.

Le festival SNAP ! a aussi permis de renouer le dialogue entre les travailleurs du sexe et le grand public. Une belle initiative qui peut aider à comprendre les enjeux d’une pornographie plus éthique. On espère que l’expérience se renouvellera et qu’elle fera des petits en province.

Enfin, j’espère que l’année prochaine on pourra vous présenter plus de femmes qui œuvrent dans l’industrie pornographique avec notre projet “Les Filles du Porn”. C’est un sujet qui nous tient particulièrement à cœur et qui montre à quel point ce milieu doit et est en train de changer. Ces femmes ont besoin de beaucoup plus de visibilité dans un milieu essentiellement dirigé par des hommes. Elles sont aussi le symbole d’un porno plus éthique et plus féministe. On espère bien qu’elles vont continuer à botter des culs en 2019.

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