Et si on luttait contre le sexisme des jouets à Noël ?

Alors que le mois d’octobre n’est pas encore fini et que les décorations d’Halloween viennent à peine d’apparaître sur les étalages, les rayons jouets ne cessent de prendre de plus en plus d’ampleur. Avec, bien entendu, un rayon rose pour les filles et un bleu pour les garçons.

Magasin de jouets

L’importance du jeu au plus jeune âge n’est plus à démontrer et les jouets peuvent avoir un réel impact sur la construction d’un enfant. Bien qu’il ne soit pas nécessaire de se tourner vers des jeux éducatifs pour faire de son gamin un futur ingénieur, bon nombre de ces jouets tentent de cibler soit les jeunes filles soit les jeunes garçons. Un bon moyen de mettre un pied dans le sexisme dès le début de sa vie.

La secrétaire d’Etat à l’Economie signe une charte

En septembre dernier, les industriels, les distributeurs de jouets et des associations se sont réunis pour discuter de ce sexisme latent dans les rayons. Agnès Pannier-Runacher a donc signé avec eux une charte permettant de mettre fin à ces stéréotypes de genres, incitant toute la chaîne de production jusqu’à la distribution à œuvrer dans le bon sens. Sur le papier, la démarche est tout à fait louable mais dans la pratique les choses ne sont pas encore tout à fait au point.

Pour le bien de cet article, je me suis déplacée dans un JouéClub près de chez moi et force est de constater que les rayons roses et bleus existent toujours. Cette enseigne n’est pas la seule concernée puisqu’un rapide tour dans un hyper-marché E. Leclerc m’a aussi permis de constater la même chose. Le mix dans les rayons n’est pas du tout au rendez-vous. Une chose assez étonnante puisque le sujet n’est pas nouveau et qu’on en parlait déjà bien avant la signature de cette charte.

Jouets pour filles

Marketing sexiste

Depuis toujours, les jouets genrés existent et c’est là tout le problème. On trouve encore des aspirateurs roses pour les filles et des stations de bricolage pour les garçons. Souvent sous l’influence des parents et de la publicité, l’achat de jouets se porte sur les poupées ou les super-héros selon le sexe de l’enfant. Que ce soit de manière consciente ou pas, le fait est qu’un gamin doit pouvoir choisir ce qu’il veut de manière neutre. Pourtant, les affichages publicitaires ciblent toujours tel ou tel sexe, de manière à bien asseoir des rôles pré-définis dans notre société.

D’un point de vue purement commercial, supprimer le rose et le bleu ne changerait pas grand chose puisqu’un jouet finirait de toute façon dans le caddie pour Noël. En 2019, ce vieux marketing à papa est toujours viscéralement ancré dans les jouets et c’est tout le fond du problème. Il ne devrait pas exister de jouets “pour les filles” ou “pour les garçons”. Juste des jouets.

Apprendre aux petites filles qu’elle peuvent être astronautes

Les gammes de jouets autour de l’entretien de la maison peuvent tout à fait exister. A cet âge, on a envie de faire comme papa et maman mais si vous regardez bien les emballages, vous verrez qu’ils sont essentiellement destinées aux petites filles qui comprendront dès leur plus jeune âge qu’elle devront se préoccuper de ces tâches lorsqu’elles seront adultes. Du machisme latent issu des années 50 qui perdure encore de nos jours et c’est une honte.

Il faut, bien entendu, laisser les enfants choisir par eux-même leurs jouets mais les rayons des magasins conditionnent et influencent les enfants dans ce choix. En mélangeant tous ces produits, on limiterait ce conditionnement néfaste à l’épanouissement. Les plus jeunes doivent pouvoir comprendre qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent de leur personnalité et le jeu participe grandement à leur évolution. Une fille a le droit de jouer aux petites voitures et un garçon a le droit de vouloir une Barbie.

“Les Barbie rendent les petits garçons homosexuels”

Les arguments tout droit sorti d’un PMU ne tiennent pas. Ce sexisme est souvent entretenu par la peur de l’homosexualité. Un cocktail détonnant de veilles idées nauséabondes. Les jouets de l’enfance n’influencent pas la sexualité à l’âge adulte. Penser qu’une petite fille qui préfère le bricolage aux poupons va devenir lesbienne, c’est se fourrer le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

Pour prendre ma petite expérience personnelle, dans mon enfance, je jouais beaucoup avec les jouets “pour garçons”. Combien de fois j’ai entendu que j’étais un “garçon manqué”. Comme si mon identité de genre se résumait aux choses que j’aimais à cet age. C’était juste ma personnalité et croyez-le ou non, je suis une adulte hétérosexuelle. J’ai grandi avec cette idée que mes choix n’étaient pas les bons et je peux vous assurer que c’était douloureux.

Aider à faire le bon choix

Les enfants étant très influençables, il semble essentiel de leur apprendre qu’ils peuvent avoir les jouets qu’ils souhaitent. Il est fort probable que vous entendiez un jour : “Mais c’est pour les filles !”. A ce moment très précis, il faudra réussir à lui faire comprendre que non, un jouet n’a pas de sexe et si cela entraîne des échanges avec ces petits camarades, pourquoi pas ?

On espère juste que cette charte signée le mois dernier aura des effets significatifs dans les rayons de jouets et ce, de manière durable. Il est indispensable de laisser les enfants évoluer à leur manière sans les influencer de quelques manières que ce soit sur cette question. Le jouet est important dans l’enfance et il peut aider à faire de cette génération de meilleurs Êtres Humains que nous. C’est tout ce que désire un bon parent.

Je tenterais une nouvelle visites dans ces rayons pour Noël. Je vous en reparle bientôt.

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