La pornographie sur Internet est illégale en France. On en parle ?

Depuis les prémisses de l’Internet, la pornographie a toujours été présente en ligne. Si au début, le web était essentiellement utilisé par quelques nerds, aujourd’hui il est présent partout, tout le temps. On s’interroge alors sur l’accessibilité des contenus adultes pour les plus jeunes. Une vraie question de société dont on se devait de vous parler.

Brent Rambo

Si on sait maintenant que l’on consomme du porno de plus en plus jeune de nos jours et que les effets ne sont pas aussi désastreux que prévus, les gouvernements (sous la pression de quelques groupuscules conservateurs et catholiques) cherchent des solutions pour bloquer l’accès aux sites pour adultes. Si l’Angleterre a fait le pire des choix, on se demande si les personnes à l’origine de ces textes de lois ont un minimum de connaissances en matière d’informatique et de réseaux.

Le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine, soit de faire commerce d’un tel message, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 75000 euros d’amende lorsque ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur.

Depuis toujours, les webmasters ont la possibilité de classifier leurs sites avec une simple balise meta qui semble avoir été oubliée. Il s’agit de la meta rating. Elle propose plusieurs catégorisations : general, mature, restricted, 14 years et safe for kids.

Elle était pourtant très pertinente bien qu’elle demanderait à être améliorée en catégorisant un peu mieux les contenus. Si le W3C ne perdait pas son temps avec des normes à la con, on pourrait tout à fait discuter de ce genre de chose et demander l’interprétation obligatoire de ce morceau de code par les navigateurs modernes.

Le vrai problème réside surtout dans le fait que les utilisateurs et plus particulièrement les parents n’ont pas forcément les connaissances requises pour installer ou configurer un contrôle parental qui, au final, ne sont pas fiables à 100%. Intégrer un vrai filtrage au sein même du navigateur serait idéal. L’avantage c’est que l’on a plus à craindre une certaine forme de censure puisque ce sont les éditeurs de sites qui pourraient classifier eux-même leurs pages. Et ils le feraient, le disclaimer est une solution rustine qui, dans la pratique, n’est là que pour protéger le webmaster et montrer sa bonne foi en cas de problème. On sait très bien qu’il ne sert pas à grand chose.

J’ajouterais aussi qu’une simple balise permettrait la mise en production plus rapide et plus efficace. Le content rating est, selon moi, ce qu’il y a de plus pertinent. Cela fonctionne déjà pour le jeu vidéo, les films et les séries. Cela permettrait aussi de filtrer les actualités les plus sensibles qui, jusqu’à présent, sont tout à fait accessibles à tous et qui peuvent être beaucoup plus choquantes que de la nudité.

Du point de vue légal, c’est aussi totalement flou (Cherchez sur Légifrance le terme « porno », il n’y a rien !) et les différentes jurisprudences arrivent toutes à la même conclusion : les différents moyens de filtrages (CB, disclaimer, ajout d’URL aux services de contrôle parental) sont insuffisants. Rendant, de fait, la pornographie sur Internet illégale. Dans la pratique, un juge peut sanctionner n’importe quel site adulte en France et condamner n’importe quel webmaster.

On marche sur la tête et le sujet est toujours abordé de travers avec toujours ce même leitmotiv : le porno c’est mal. Nous sommes arrivés à un moment où la culture porn commence à entrer dans la culture mainstream, que cela plaise ou non. Légiférer sur la question et rendre les textes de lois plus clairs devient un véritable enjeu pour l’avenir du business en ligne. Toutes les solutions techniques actuelles étant inefficaces, il serait, je crois, important de travailler avec les professionnels du milieu pour la mise en place d’une norme (pourquoi pas cette fameuse balise meta qui existe depuis des années).

Les solutions techniques sont très simples à mettre ne place et ne demanderaient pas d’énormes efforts de développement pour les navigateurs ou les éditeurs de sites, reste juste à arrêter de faire l’autruche et d’apporter des solutions concrètes.

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Acteur du web depuis 1995, j’ai lancé ce site en 2009 et, aujourd’hui encore, je continue à l’alimenter en parlant des choses qui m’intéressent comme la musique, le cinéma, les jeux vidéo et, bien évidemment, le sexe.

2 Commentaires

  1. Problème, les gens qui pourraient voter ce genre de textes ont plus de 60 ans et ne comprennent rien aux nouvelles technologies. L’idée que l’éditeur d’un site prenne ses responsabilités avec la balise dont tu parles est une solution qui semble intéressante. Potentiellement, ça serait déjà obligatoire en France, il suffirait que les navigateurs puissent les prendre en charge et bloquer les contenus par défaut.

    Simplifier la mise en oeuvre technique et durcir les sanctions pour les contrevenants inciterait à la mise en place du rating sur tous les sites. Tu abordes aussi la question des sites d’actualités et je trouve que tu as tout à fait raison sur ce point pourtant ils sont libres de publier ce qu’ils veulent et où ils le souhaitent, c’est beaucoup plus grave.

  2. Je ne sais pas si durcir les sanctions changerait quelque chose, les webmasters ont bien conscience du problème mais n’ont pas réellement de solutions techniques. Très honnêtement, même les plus obscures sites adultes joueraient le jeu, je pense. Il faut juste que cela reste simple à mettre en place et aussi faire confiance aux professionnels.

    Il faut réunir les gens autour d’une table et parler concrètement du truc, ça ne s’est jamais fait et c’est pour ça que le texte de loi concernant la protection de mineur n’a aucun sens.

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