La SexTech : fantasmes, communication, médias et bullshit

Il y a autour de la pornographie tout un tas de fantasmes en terme de business, on s’imagine des sociétés riches à millions qui investissent dans la recherche et le développement à perte tant elles ne savent plus quoi faire de leur argent. La réalité du terrain est toute autre…

SexTech

Si Dorcel s’est fait remarqué dernièrement, lancer une entreprise ou une startup dans le domaine du sexe n’est pas de tout repos. En effet, dans le mainstream, on trouve facilement des gogos investisseurs prêts à mettre la main au porte-monnaie pour donner un coup de pouce à des idées prometteuses. On va être très clair dès le début, dans le porno, ça n’existe pas. Personne ne met de l’argent sur la table pour une application ou un nouveau gadget tech. PornHub, par exemple, s’est fait une spécialité d’annoncer des produits qui, dans la réalité, n’existe même pas. Dernier en date, le fameux Wank Band dont la presse traditionnelle s’est fait un plaisir de parler. Une gigantesque campagne de publicité gratuite pour ce site de streaming qui aura passé quelques heures à faire quelques visuels et une petite animation en 3D, le reste, c’est du vent. On s’étonne aussi de l’incapacité des journalistes à pousser leur investigation afin de se rendre compte qu’il ne s’agit là que d’une opération marketing.

Wank Band
On invente des produits qui n’existent pas…

Quand on est un peu dans le milieu, on sait que tout ça n’est là uniquement que pour la communication et ça fonctionne. De toute façon, qui irait vérifier les informations provenant d’un site de cul ? Tout ce petit monde balance donc des infos erronées ce qui participe, bien entendu, à donner une image d’innovation au secteur de la pornographie. Tout le monde fait ça, je ne jette la pierre à personne. Même chez nous, lorsque l’on parle de vidéos VR comme le truc du futur, il ne faut pas se leurrer, ce marché est déjà mort, il est possible de trouver des contenus gratuitement. Mais c’est toujours classe d’annoncer qu’on propose des expériences, ça fait parler les journaux et on se félicite de sa campagne de promo à moindre coût.

Il n’y a pas d’argent pour ça. Le porno est un gros marché, c’est vrai mais il ne représente qu’une infime partie du business technologique. Qui serait assez fou pour lancer une application qui ne sera pas publiée sur les markets ou un projet dont il sera impossible de parler sur les réseaux sociaux ? La vérité, c’est qu’il n’y a que très peu d’innovation technologique dans l’adulte.

Toutefois, on peut quand même regarder un peu du côté des sextoys qui se vendent très bien et se sont améliorés ces dernières années. Là encore, on nous propose des objets connectés qui n’intéressent personne. On peut citer le OhMiBod ou le LoveSense qui ont rencontré leur succès, essentiellement, sur les sites de webcams où lorsque les Internautes qui balancent des tips font vibrer le jouet. On peut toutefois saluer des innovations comme le Womanizer ou les poupées intelligentes de RealBotix.

Toutefois, ces nouvelles technologies ont pu exister avec des fonds propres, personne n’a investi dans ce genre de chose ce qui rend le développement et les évolutions plus complexes que dans les business mainstream. Il faut être réaliste et si on décide de se lancer sur ce marché, il faudra faire avec les moyens du bord.

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Acteur du web depuis 1995, j’ai lancé ce site en 2009 et, aujourd’hui encore, je continue à l’alimenter en parlant des choses qui m’intéressent comme la musique, le cinéma, les jeux vidéo et, bien évidemment, le sexe.

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