Le business du sexe et du porno en ligne n’est pas mort

La VOD ça ne rapporte plus, le porno n’est pas rentable, le sexe ne fait plus vendre… Des choses que l’on peut entendre de la part de nombreux professionnels du milieu. Pourtant, lorsque l’on ouvre un peu les yeux, on se rend compte que le marché est toujours là, tout comme la demande, alors qu’est-ce qui ne va pas ?

Le porno en 2018

Les plus anciens d’entre-vous se souviennent avec émotion d’une époque bénie où lorsque l’on lançait un site pornographique, on obtenait généralement en quelques mois un trafic confortable et des ventes au delà des espérances. Nombreux sont ceux qui ont fait fortune avec la vente de VHS et les DVD. Plus tard, c’est la VOD qui a rapidement envahi le marché, à base d’abonnements mensuels. Le tout numérique étant désormais passé par là, les choses ont évoluées, ce qui fonctionnait il y a encore 10 ans, c’est fini.

En France, le gros de la production de sites web est essentiellement axée sur la promotion de services proposés par des sponsors qui, il faut l’avouer, se sont un peu fait rattraper par la technologie. Je ne leur jette pas la pierre, évoluer demande du temps et de l’argent.

Concrètement, un bon 80% des sites adultes tentent tous de vendre la même produit. Certains s’en sortent très bien mais pour la plupart, ce sont de petits affiliés qui arrondissent leurs fins de mois. Ce marché bancale à base de « fake tubes » et autres « annonces de rencontres coquines » tourne en rond. Ces veilles méthodes marketing ne trompent plus grand monde. La gratuité et la diversité de l’offre entraîne logiquement une exigence des consommateurs qui sont bien plus au fait de ce qui existe aujourd’hui qu’il y a quelques années.

On ne lâche plus son numéro de carte bancaire sans savoir où l’on met les pieds. La redondance des contenus sur cette base installée de sites mène vers un déclin de leur rentabilité. Je pose la question : est-ce un mal ? Les productions bas de gamme et qui ont déjà plusieurs années ne séduisent plus, doit on s’en étonner ? Non, c’est tout à fait normal.

Quoi que l’on en pense et malgré l’émergence des tubes, la VOD fonctionne toujours. On ne paie plus pour les mêmes choses, c’est tout. Il faut aussi bien garder en tête que le porno amateur est devenu très populaire. On préférera donner un peu d’argent à une fille ou à un couple que l’on apprécie plutôt que de casser son PEL sur une plateforme VOD qui nous servira du gonzo préformaté.

Le game a changé, aujourd’hui n’importe qui peut se lancer en publiant ses vidéos sur PornHub et commencer à gagner de l’argent grâce à la publicité. Si le modèle est peut être menacé par les AdBlocks, le fait est que c’est ce qui est en train de se passer. C’est le modèle YouTube. Le Tag Parfait s’est d’ailleurs fendu d’un long article comparatif sur le sujet.

Bien que je ne sois, personnellement, pas encore tout à fait convaincu de l’avenir de la VR, c’est un nouveau marché, certes de niche, mais qui existe déjà et la demande semble être croissante. Encore des pistes à explorer.

On accuse le piratage d’être à l’origine de tous les maux et s’il est vrai que les tubes ont construit leur réputation en volant les contenus, il existe des marchés où le problème ne se pose pas. Je pense, bien évidemment, à la webcam où la frénésie de tips est bien réelle. Une expérience en temps réel qui ne procure pas les mêmes sensations qu’un replay. C’est typiquement le genre d’exemple qui montre qu’il y a de l’argent dans le secteur mais il ne va plus dans les mêmes poches.

Là encore, beaucoup de sponsors (en France, j’entends) proposent de tels services mais il faut bien avouer que ça ne vole pas très haut. A part, peut être, Carpediem qui a maintient Purlive, il n’y a pas vraiment grand chose de convenable. On passera sur le fiasco de Francolive qui était pourtant installé depuis de nombreuses années. Il n’est donc pas étonnant de voir les Internautes (et les webmasters) se réfugier du côté de Chaturbate.

Il ne faut pas non plus oublier la vente de produits physiques, le nombre de sexshops en ligne a explosé. Facile, discret et rapide, plus besoin de se déplacer dans les boutiques pour obtenir son petit gadget. Là aussi, c’est un gigantesque marché qui s’offre à nous. Ce ne sont pas les affiliations qui manquent notamment celle de BusyX qui est très sérieuse.

Travailler l’aura de sa marque est aussi un bon moyen de se tourner vers les produits dérivés. Bien que je ne sois pas extrêmement fan des productions de Jacquie et Michel, le fait est qu’ils ont su créer un vrai phénomène autour de leur nom et les tshirt, casquettes et bières (ouais) se vendent très bien. C’est vraiment un point très négligé dans le web porno francophone : l’image de marque. Avec Dorcel, ils ont ouvert la voie du marché du « porno c’est cool ».

Enfin, le porno indépendant/féministe/éthique existe. Il intéresse de plus en plus et manque cruellement de visibilité. Le considérer uniquement comme une niche est une erreur. Le mouvement est relativement nouveau et comme tout nouveau marché, cela demande du temps avant de devenir populaire, il est juste méconnu. Même si c’est critiqué, effectivement le côté féministe de la chose est argument marketing. Les trop vieilles plateformes de VOD n’ont plus d’argument, justement.

Dire que le business du porno va mal n’est pas totalement faux mais il est aussi en train de changer et semble encore se chercher un peu. Les opportunités sont réelles mais pour ça, il faut faire table rase du passé. La pornographie en ligne n’a pas dit son dernier mot.

3 Commentaires

  1. Les vieux briscards qui pleurent sur le sort et qui condamnent les tubes ne se sont jamais réellement remis en question aussi. La méthode qui a été employée n’est pas clean, c’est un fait mais il faut faire avec aujourd’hui. Les sites de streaming sont devenus de gigantesques plateformes de promotion, il suffit juste de composer avec. La plupart des « anciens » sont réticents à jouer le jeu, si c’est compréhensible, c’est aussi condamner leur business.

    Tu n’en parles pas mais il y a aussi toutes les applications sociales, les réseaux de partage pour adultes qui connaissent aussi une grosse croissance. Dans le francophone on a eu le droit à Social Porn mais ça a été fait n’importe comment. La demande est pourtant là. Sur mobile, sous Android, on peut tout à fait proposer des apps, encore faut-il avoir de bonnes idées.

    Effectivement, ce ne sont pas les opportunités qui manquent, les sites fait avec wp-script à la va-vite ne présentent que peu d’intérêt. Il faut se tourner vers autre chose.

  2. On parle bien de ces webmasters paresseux et incompetents? La plupart des affilies des sponsors travaillent comme il y a 10 ans et pleurent sur le sort. Les mecs pensent qu’ils vont faire de l’argent facile avec un wordpress installe a l’arrache en mettant plein de pubs sur textes pourris.

    Evidemment que ce modele ne fonctionne plus, la plupart abandonnent vite ou se tourne vers un autre business. La video a la demande ca marche encore, il faut juste arreter d’essayer de vendre de la vhsrip.

    Ces types la laissent leurs sites a l’abandon et sans mises a jour du coup on se retrouve avec des wp hackés qui balancent des malwares. Ca participe pas mal a la mauvaise reputation que peut avoir le porn. Tous ces faketubes de merde, c’est ca qui tue le marché en polluant l’offre.

  3. Question malwares, certaines régies feraient pas mal de balayer devant leurs portes. Les productions de sites à la pelle dont tu parles sont lentement en train mourir. C’est tout à fait logique. Je ne serais pas aussi virulent que toi mais je crois que les affiliés sont surtout des gens qui cherchent à mettre du beurre dans les épinards.

    Ils ne sont pas nombreux à gagner beaucoup, il doit y avoir un peloton de tête qui s’est bien installé sur ce genre de biz et les autres récupèrent les miettes. D’ailleurs, on constate que les sponsors ne font plus trop de prospection sur les boards. Je pense qu’ils n’ont plus trop besoin de ça, ils font probablement du mediabuying et trouvent leur trafic autrement.

    Ça reste tout de même de bons alliés pour obtenir des contenus, j’étais bien content d’avoir des vidéos à proposer lorsque je me suis lancé. Je suis passé à autre chose, les autres font bien ce qu’ils veulent.

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