Le porno sur Internet : sexe, mensonges et virus

Trouver du porno sur Internet ça n’est pas vraiment la chose la plus compliquée du monde. Il faut dire que cette industrie représente tout de même 35% de la bande passante totale et pèse plus que Facebook et Google réunis, rien que ça. Derrière ce marché toujours fleurissant se cache aussi une concurrence féroce qui bien évidemment entraîne de très nombreuses dérives. Tout est bon pour attirer des visiteurs sur son site.

Captain Picard facepalm

Google commence à faire du tri et il était peut être temps effectivement. Le fait d’interdire les applications adultes sur son Market révèle bien l’état des lieux car la plupart des malwares mobile viennent du X. Pas étonnant non plus que soient pénalisés les sites qui vous forcent à télécharger leurs applications, un filtre qui devrait faire valdinguer un bon nombre de sponsors qui proposent des outils promotionnels pas toujours très clairs. Exit donc les .exe ou les .apk qui se lancent en téléchargement automatiquement. Certaines régies utilisent aussi des systèmes de tracking à la limite du légal et l’utilisateur n’en est pas toujours informé. On passera aussi sur les vraies/fausses boites de notifications qui induisent les Internautes en erreur.

Les gus derrière tout ça, ils s’en foutent de l’utilisateur, ce qu’ils veulent c’est faire rentrer l’argent, on peut les comprendre mais ils participent aussi à la mauvaise image que peut avoir le porno numérique. Pour la plupart des gens, le X est souvent synonyme de virus ou de malwares. Ils n’ont pas tout à fait tort. Depuis quelques années maintenant, j’essaye de me faire une petite place et à force de surfer sur des sites pas toujours clairs on apprend à s’armer contre ça (bien que je sois sous Linux). AdBlock est souvent le remède le plus radical contre ces pratiques, il évite aussi de bien nombreux ennuis sous Windows, c’est évident. Les navigateurs proposent aussi un mode de navigation privée ce qui vous protègera contre le stockage massif de nombreux cookies finis à la pisse. Un bon anti-virus et un anti-malware à jour sont des outils indispensables lorsque l’on consulte du porno sur Internet et c’est là tout le problème.

L’explosion du marché mobile et la nouvelle manière dont les médias sont consommés ont aussi favorisé des pratiques à la limite du hors-jeu. On ne compte plus les applications qui spamment tout votre carnet d’adresse ou qui envoient carrément des SMS surtaxés. Heureusement les OS mobile se sont armés contre ce genre d’abus en demandant désormais l’autorisation de l’utilisateur avant d’effectuer toute action. Ce qui étonne c’est que sur d’autres marchés tout aussi concurrentiels on ne voit pas de tels abus, il semblerait que cela soit inhérent au porno. On se demande bien pourquoi d’autant plus que l’on connait maintenant les bonnes techniques marketing en ligne, comment fidéliser et réaliser des ventes. La plupart des sites adultes sont l’exemple même de tout ce qu’il ne faut pas faire et il est certain que les plus polluants ne sont pas les plus rentables.

La vraie différence notable de ce marché sur le web c’est probablement la censure et le filtrage qui est effectué sur les moteurs de recherche et les réseaux sociaux. Il est souvent difficile d’expliquer pour un webmaster une chute importante de trafic par exemple. Les sites se font déclasser sans raisons particulières même s’ils sont légitimes. Concrètement, plus on se ferme au porno et plus le spam et les malwares se développent. C’est le jeu du chat et de la souris, tant qu’on ne se fait pas gauler on attire les clients potentiels en leur vantant des produits qui ne sont pas toujours à la hauteur des attentes. Même Google n’est pas foutu d’afficher des résultats corrects. Qui ira s’en plaindre de toute façon ?

Les sites porno sont très populaires pourtant il est rare de voir vos amis partager des liens sur les réseaux sociaux même si on le sait, ils se masturbent devant leurs écrans. On a alors tendance à se réfugier vers des noms connus comme Dorcel ou Jacquie et Michel qui font partie des rares acteurs français à avoir une réelle politique marketing en ligne (même si elle a mis un peu de temps à se mettre en place). Pourtant il existe d’autres productions sympathiques, peut-être plus discrètes mais qu’on ne prend pas la peine d’explorer de peur de véroler sa machine. Les recherches sur le porno sont toujours délicates car on ne sait jamais vraiment sur quel type de site on peut tomber. Les gens vont aussi se réfugier sur les plateformes de streaming parce que c’est « cool » mais ces acteurs là ne sont pas plus clairs que les sites les plus sombres du fond des chiottes des Internets. On passera aussi sur les réseaux limite mafieux qui gravitent autour de ces sociétés obscures qui ont lancé leur business grâce au piratage, ils ont aussi fortement participé à la baisse de qualité du porno.

Les régies publicitaires et plus particulièrement les sponsors sont aussi un peu responsable de ce piratage de masse car ils proposent des technologies obsolètes rendant complexe pour les webmasters de proposer des contenus de qualité et compatible avec toutes les plateformes existantes. Combien de fois je suis tombé sur un site qui m’intéressait mais voulant le consulter depuis mon smartphone je me suis trouvé redirigé vers un service payant obscure qui bien entendu m’a balancé une application pourrie en téléchargement. Bilan, je n’ai pas vu ce que je voulais et le webmaster du site en question est probablement passé à coté d’un visiteur fidèle qui aurait peut être mis la main au porte-monnaie. Pourtant ce genre de technologies « innovantes » si on en croit les sponsors se développent de plus en plus et salissent encore plus l’image que peut avoir le porno en ligne.

Le vrai problème qui se pose c’est que l’on a pas vraiment le choix pour survivre, c’est le jeu du gratuit, il faut des sponsors, ceux sont eux qui tiennent les rênes. Il serait tellement plus simple de faire la promotion d’un service clair mais à défaut d’autre chose on se contente d’amener ses visiteurs sur des pages de ventes borderlines parfois elles aussi à la limite du légal, je pense à ces imitations de sites connus, histoire de mettre l’utilisateur en confiance. C’est « optimisé » parait-il. Le problème c’est que l’Internaute et donc le client potentiel ne sait même pas sur quel site il se trouve et ce pourquoi il va payer. Ce genre de marketing fonctionne pour les niches les plus extrêmes car il y a très peu d’offres (zoo, scato) donc il n’y a pas d’autres choix que de sortir sa CB. Par contre pour le porno plus « traditionnel », là c’est absurde puisque la concurrence existe et est établie, difficile de convaincre avec des trucs codés avec les pieds et qui n’offrent pas ce que voulait l’utilisateur…

J’essaye de batailler avec ces sponsors qui ne comprennent pas toujours pourquoi je n’installe pas tel ou tel script « super mega rentable » en leur expliquant que les choses ont pas mal changé ces dernières années mais je pense que tant qu’ils ne se trouveront pas au pied du mur comme ça a été le cas pour la musique, les choses n’évolueront pas. Toutefois, j’espère toujours qu’arrive un nouvel acteur en France et propose enfin autre chose que des machins en Flash qui clignotent de partout. Il y a tellement de belles technologies à exploiter mais on doit faire avec du code des années 90, c’est comme ça. C’est peut être aussi la preuve que le marché ne se porte pas si mal puisque peu de chose ont évolué depuis près de 20 ans. A l’heure où l’on parle de la 4K en streaming, il est encore rare de trouver des contenus HD sur le web. Technologiquement c’est plutôt simple à mettre en place (DorcelClub.com est un bon exemple) et le faible coût de la bande passante de nos jours ou les solutions P2P montrent bien qu’un investissement dans le bon sens pourrait être extrêmement rentable à l’avenir.

On sent bien que certains gros acteurs essayent de se faire voir sur les réseaux sociaux et on commencé à évoluer de manière à suivre les technologies mais on traîne toujours ces boulets qui ont certes fait les beaux jours du business en 1995 mais il est certain qu’il est grand temps de se mettre à la page. Je ne suis pas un spécialiste en économie mais il me semble que répondre à la demande est la base de n’importe quel type de marché. L’explosion du porno bas de gamme commence aussi à développer une demande vers des contenus plus riches et de meilleur qualité. On a fait le tour du gonzo filmé à l’iPhone…

Nous avons besoin de vous !

Tu as aimé cet article ? Tu peux nous soutenir en achetant l'un de nos t-shirts ou faire un tour sur notre sexshop. Si tu n'as pas de thunes, tu peux aussi nous aider en partageant cet article sur les réseaux sociaux. Merci beaucoup !

2 Commentaires

  1. Le plus triste c’est que le marché a bien dégringolé ces dernières années et l’agressivité des sponsors n’a fait qu’augmenter. Quand je vois qu’ils cherchent des méthodes pour lutter contre AdBlock je me dis que définitivement ils ne comprennent plus rien au web d’aujourd’hui mais je ne désespère pas que ça change un jour…

  2. Les sponsors français / francophones sont à fuir comme la peste. La plupart de leurs services sont bancales sans parler de leurs méthodes à la limite de l’arnaque.

    Il suffit de chercher un peu sur le web ( https://arnaqueinternet.com/arnaque_sur_le_web/arnaque-site-porno/ ) et on voit bien que leurs systèmes de mailcatcher ne sont là que pour envoyer du spam pas du tout ciblé sans parler des faux sites qui demandent la carte de crédit pour « vérifier la majorité » alors que le compte est bel et bien débité pour renvoyer sur des sites merdiques codés par des stagiaires.

    Il n’est pas étonnant que les éditeurs se tournent vers le marché US avec des professionnels qui savent vraiment ce qu’ils font et qui ont pris des cours de webmarketing.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here