Le retour de la sextech au Consumer Electronics Show

Le sextoy “Osé” avait reçu un prix lors du dernier CES avant que les organisateurs se rétractent, considérant que le produit ne respectait pas les règles de leur salon. “Immorales, obscènes, indécentes ou profanes” sont les mots tirés de ce règlement qui avaient été choisis pour expliquer ce choix. Après moultes polémiques sous fond de sexisme, la marque Lora DiCarlo avait enfin pu récupérer son prix (mérité).

Sextoy Osé

Au delà de cette affaire qui a pris d’énormes proportions, le Consumer Electronics Show a donc décidé de réintégrer les produits technologiques liés à la sexualité dans leur salon. Une bonne nouvelle pour tous les entrepreneurs.euses qui se sont lancé dans la sextech. Un domaine qui manque cruellement de visibilité.

Financements compliqués

Se lancer dans le business de la tech, c’est LE truc qui cartonne depuis quelques années. Tout le monde, ou presque, est connecté. Les smartphones sont distribués dans les paquets de lessive, les services en ligne sont utilisés par des milliards de personnes et même la domotique pilotée à la voix est devenu aussi simple que de commander une pizza. La sextech part de cette idée que la sexualité peut, elle aussi, profiter de toutes ces évolutions. Sur le papier, on se dit que la high tech liée au sexe doit être une manne financière. Sur le papier seulement. En effet, les investisseurs sont très frileux lorsqu’il s’agit de ce domaine et, à part quelques business angels, rares sont les projets qui trouvent finalement de l’argent. Triste constat de voir des produits réellement innovants disparaître faute de moyens. Malgré de forts potentiels commerciaux, dans la plupart des cas ces projets partent dans les oubliettes et/ou sont abandonnés par leurs créateurs.trices.

Sexisme ordinaire

La tech, c’est une affaire de bonhommes. On l’a bien vu avec le sextoy “Osé” de Lora DiCarlo qui, dans son malheur, à profité d’une très bonne visibilité suite à la polémique. Le plaisir féminin est encore très tabou dans ce milieu majoritairement masculin. Alors que tout le monde se félicitait de l’arrivée des sexdolls, il y a quelques années, personne ne s’est offusqué de la présence de Harmony au CES de 2018. Le plaisir oui mais seulement s’il concerne celui des hommes donc.

En réponse à ce sexisme, le CES aura comme partenaire officiel, l’année prochaine, The Female Quotient. Cet organisme milite pour l’égalité homme-femme et on espère que cela aidera à changer les mentalités du milieu de la tech très (trop) masculin. Un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour les femmes.

Le sexe c’est sale

Plus généralement, dans le milieu business, la sexualité ou la pornographie sont encore considérés comme des investissements “à risque”. On parle tout de même d’un marché qui pèse tout de même 50 milliards de dollars si on additionne tout ce qui est gadgets, objets connectés et services en ligne. Le numérique a dopé ce secteur mais il reste encore très compliqué d’y trouver des fonds pour faire avancer ses projets. Si la présence de sextoys au CES peut paraitre anecdotique, c’est une réelle avancée pour montrer au grand public qu’il existe des choses dans le domaine et que l’on a le droit de profiter de la technologie pour son plaisir personnel. Il faudra peut être encore quelques années avant qu’une catégorie “sexe” soit officiellement acceptée dans ce genre de salon mais on avance un peu.

Le futur de la sexualité

Les robots, l’intelligence artificielle et les objets connectés vont avoir une réelle incidence sur notre activité sexuelle. Se cacher derrière un puritanisme nauséabond, c’est aussi se voiler la face. La technologie va faire partie de notre vie intime qu’on le veuille ou non. C’est en tout cas vers ce quoi l’Humanité semble se diriger et il est intéressant que tous ces produits puisse exister et être visible. Accueillir de tels entrepreneurs.euses est une excellente chose afin que le sexe ne soit plus perçu comme quelque chose de “grave” mais plutôt comme un excellent moyen de prendre du plaisir et de profiter de sa courte existence.

Investir

Malgré un potentiel incroyable, le marché du sexe reste encore boudé par les investisseurs. Un secteur qui ne se développe pas comme il le devrait à cause d’une fausse morale car dans la pratique, il n’y a pas plus de risque à investir dans le sexe que dans un autre domaine. A part peut être ce manque de visibilité mais les choses semblent aller dans le bon sens, c’est peut être le moment de se lancer ? Un marché de 50 milliards, ça n’est pas rien.

Nous avons besoin de vous !

Tu as aimé cet article ? Tu peux nous soutenir en achetant l'un de nos t-shirts, faire un tour sur notre sexshop. Si tu n'as pas de thunes, tu peux aussi nous aider en partageant cet article sur les réseaux sociaux.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here