Les DRM c’est de la merde et ça ne sert à rien

Proposé à l’intégration de HTML5, les « Encrypted Media Extensions » s’offrent carrément une documentation sur le site du W3C. Ce consortium a pourtant pour but de, je cite, « développer des standards ouverts pour assurer le développement du web à long terme ». La question du jour est : qu’est-ce que les DRM viennent foutre là-dedans ?

Cadenas rouillé

Abandonnées depuis un bon nombre d’années dans l’industrie du porn, les DRM existent dans le but de limiter la diffusion d’une oeuvre. Par exemple, lorsque vous louez un film, vous ne pouvez le regarder que sur une seule machine, pendant une période limitée. Tout cela est bien mignon mais dans les faits, quelle est leur efficacité ?

Soyons clairs dès le début, aucune sécurité ou verrou n’est réellement efficace très longtemps. J’en prend pour preuve les RIP de BluRay que l’on peut se procurer très facilement sur les sites pirates. Ce format physique avait été adopté par l’industrie du cinéma car il proposait des DRM « inviolables » (lol). Quelques années après son lancement, ces protections ont montré qu’elles ne servaient à rien sinon à emmerder les gens qui achetaient encore leurs films.

Impossible de lire ce genre de média sans connexion Internet, je vous passe aussi les détails sur la complexité pour lire un BluRay sur un PC Windows et je ne parle même pas de Linux. Ces verrous sont des merdes sans nom, à tel point que l’HADOPI (qui coûte un bras aux contribuables) propose un service pour tenter d’offrir une solution. On marche sur la tête.

S’il est facile de tout mettre sur le dos des pirates, on s’amuse toutefois à constater le succès de Netflix, Steam ou encore Spotify. Si vous n’avez toujours pas compris quel était le moyen de lutter contre le piratage, je vais vous le dire : une offre légale simple, abordable et de qualité. Pendant des années, nous avons dû faire avec des « Canalplay » imbitables ou il fallait absolument passer par Windows Media Player pour lire son film. Pourquoi on irait-on sur des sites obscures si une série est disponible simplement en streaming avec ses sous-titres sur une plateforme bien pensée ?

En tant que webmasters, nous avons notre mot à dire et refuser catégoriquement l’intégration de l’EME au W3C fait partie des armes pour lutter contre ces standards fermés qui vont à l’encontre d’un web ouvert. Même si votre patron râle, supprimez ces verrous inutiles. Il est très important de garder ce cap d’un Internet où l’information peut circuler en toute liberté.

Un dernier argument : Netflix, par exemple, diffuse des vidéos avec DRM, pourtant on trouve leurs contenus gratuitement sur des sites pirates. Est-ce que cela à empêché son développement ? Non. Les gens qui ne paient pas, ne le feront probablement jamais même s’ils n’accèdent plus à ces contenus gratuits. On le sait alors pourquoi continuer dans la voie du verrouillage systématique ?

Les développeurs de navigateurs doivent, eux-aussi, refuser l’intégration des DRM. Utiliser 500Mo de RAM pour afficher ne serait-ce qu’une page de 1Mo n’a déjà pas de sens alors rajouter des briques trop lourdes et inutiles dans un logiciel est un non-sens. On envoie des fusées dans l’espace avec des ordinateurs qui ont 2ko de RAM alors ne me dites pas qu’il est impossible d’alléger nos browsers en se concentrant uniquement sur ce qui est important : HTML5 et CSS3.

L’interopérabilité des médias est essentielle, et nous avons tous notre rôle à jouer dans la lutte contre les DRM. L’industrie du porno a déjà opté pour des formats ouverts (on pourrait aller encore plus loin en offrant des codecs ouverts à la place du MP4) sur la plupart des plateformes de VOD et ce depuis des années. Remettre l’utilisateur au centre de tout business, c’est la base. Je paie, ça fonctionne, je recommande. C’est aussi simple que cela.

Qui est chaud pour du porno open source ?

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Acteur du web depuis 1995, j’ai lancé ce site en 2009 et, aujourd’hui encore, je continue à l’alimenter en parlant des choses qui m’intéressent comme la musique, le cinéma, les jeux vidéo et, bien évidemment, le sexe.

2 Commentaires

  1. Le jour où les majors auront compris tout ça, on pourra enfin lire nos films en toute liberté. Je n’achète plus de DVD/BluRay à cause de ça.

  2. J’avais commencé une collection de DVD/BluRay mais c’est devenu tellement la galère de lire ces films sur PC que je songe sérieusement à tout revendre. Ça doit bien faire 1 an que je n’ai plus acheté de film au format physique à cause de ces protections.

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