Les effets de la pornographie sur la jeunesse : bah en fait c’est pas ouf…

Le porno gratuit sur Internet devait pervertir des générations entières d’adolescents, faire sombrer la société et entraîner le déclin de l’humanité. Dans la pratique, on a désormais assez de recule pour connaitre les effets de cette abondance de sexe en ligne. Ne lisez pas cet article, vous risqueriez d’être déçus.

La jeunesse

Voilà plusieurs semaines que je cherchais des études autour de l’implication des adolescents vis-à-vis de la pornographie mais aussi des effets qu’elle pourrait avoir sur leur développement et leur perception de la sexualité. Dans les faits, je n’ai pas réellement trouvé de recherches sérieuses sur le sujet (N’hésitez pas à les partager dans les commentaires si vous en connaissez) si ce n’est de longs articles qui tentent tant bien que mal de dire que « le porno c’est mal ». Je synthétise mais c’est à peu près ce que j’en ai retenu.

Je préfère mettre les choses au clair tout de suite. Je ne suis pas pour l’accès au porno par les mineurs. Pour moi, il reste important d’entretenir une certaine « innocence » et qu’ils profitent au mieux de leur enfance. D’autant plus qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire en terme d’éducation (que ce soit pour les jeunes et leurs parents).

On savait déjà que les nouvelles générations n’étaient pas si obsédées par le sexe que ça pourtant depuis la génération Y, les adolescents vivent avec l’Internet et la pornographie facilement accessible. D’ailleurs, la conférence de 2014 de Nathalie Bajos, « Sexualité et contraception des adolescent-e-s », va tout à fait dans ce sens et nous montre que les mœurs évoluent assez peu dans la pratique.

Alors que le sujet est maintenant dans le débat public, qu’on a entendu pas mal de bullshit et que l’on doit faire face à des prises de position dangereuses, quant est-il de la situation réelle sur le terrain ?

Quand on interroge des jeunes à la sortie des écoles et des lycées et qu’on leur parle de pornographie, la première réaction est souvent le rire. Oui, la plupart consomment des vidéos. Contrairement à ce que le discours populaire a tendance à dire, ils sont assez critiques face aux images. Disons qu’ils ont bien conscience que cela ne reflète aucunement la réalité. Il serait d’ailleurs important, pour ne pas dire essentiel, de s’intéresser à cette jeunesse sur laquelle on veut légiférer sans réellement leur demander leur avis.

Depuis plusieurs décennies et depuis l’arrivée de la VHS dans les foyers, l’âge auquel on voit son premier porno a peu évolué. De ce que j’ai pu trouvé, on parle d’entre 12 et 15 ans. Finalement le haut débit n’a pas changé grand chose. J’émettrai tout de même un petit bémol quant à la diversité des choses que l’on peut maintenant consulter mais si, effectivement, la jeunesse est capable de discernement, le problème n’est peut être pas aussi grave qu’on pourrait le penser.

D’après un éducateur que j’ai pu contacter, le véritable problème vient souvent de la réaction des parents. Selon lui, lorsqu’un jeune adolescent se faire prendre en train de regarder du porno, il est souvent puni et son acte est alors perçu comme quelque chose de mal. Il se pourrait alors que l’expérience la plus traumatisante soit cette réaction excessive et le manque de dialogue. On a encore trop peur de parler de sexualité avec ses enfants.

On a aussi appris que l’abondance d’images auraient des effets sur le cerveau, l’être humain n’aurait pas été conçu pour avoir autant de stimulus. Une étude intéressante mais qui mériterait d’être approfondie et il faudrait également prouver cette corrélation car dans notre société et notre environnement, il y aurait beaucoup de facteurs à prendre en compte.

Pour l’aspect scientifique, les seules choses sérieuses que j’ai pu trouvé concernent le jeu vidéo, qui lui aussi fait polémique. Toutes les études disent à peu près la même chose, la violence des contenus vidéo-ludiques n’ont pas d’effets néfastes sur le développement des enfants. Au contraire, la particularité de ce média ayant même tendance à favoriser l’activité de certaines parties du cerveau. On comprend alors pourquoi certains parents laissent leurs jeunes enfants jouer à des jeux de guerre puisque cela n’entraîne aucun changement dans leur comportement. Là aussi, j’aurai tendance à ne pas laisser entre les mains d’un gosse un jeu PEGI 18 mais c’est un avis personnel (et puis Minecraft c’est cool). S’ils sont de plus en plus réalistes, les jeux vidéo ont toujours un aspect visuel qui « fait faux ». A voir comment les choses pourraient évoluer lorsque les graphismes atteindront un niveau de réalisme irréprochable.

A priori, la pornographie et tous les autres sujets qu’il faudrait éviter de mettre sous le regard des plus jeunes auraient assez peu d’effets sur leur développement. Pour moi, et ce n’est qu’un avis personnel encore une fois, il me semble pertinent de ne pas rendre accessible tous les contenus destinés aux adultes à nos petites têtes blondes bien qu’elles savent faire la part des choses. Il est important d’entretenir l’enfance et de les laisser dans une certaine innocence le plus longtemps possible puisque, de toute façon, ils grandiront bien assez vite.

L’idée ici n’est pas de dire que ce n’est pas grave qu’un enfant regarde du porno mais plutôt d’essayer de comprendre que le problème pornographie n’est peut être pas aussi problématique que la plupart des discours laissent entendre. Le sexe est encore, malheureusement, encore tabou dans de nombreux foyers mais il me parait indispensable d’engager un dialogue et d’apprendre aux jeunes enfants des valeurs de respect, de tolérance et d’aborder également les sujets du consentement et de l’égalité des sexes. Intégrer dans cette éducation la pornographie est indispensable et rappeler que « ça n’est que du cinéma » est quelque chose qui doit être fait dès que possible.

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4 Commentaires

  1. Pour avoir pratiqué la psychologie chez de jeunes adolescents, je rejoins l’avis de l’éducateur dont vous parlez. La plupart des parents réagissent assez mal et l’enfant a beaucoup de mal à comprendre ce qu’il a fait de mal puisque les adultes ont sexualité. La question qui revient le plus souvent c’est pourquoi je n’ai pas le droit ?

    C’est un sujet délicat et qui est très controversé dans le milieu psy. Il y a encore beaucoup de professionnels qui se conforment aux bonnes mœurs mais lorsque l’on commence à devenir adulte le sexe est attractif et on est curieux. C’est un développement normal chez les jeunes adultes. Vers l’âge de 13 ou 14 ans, on commence à regarder l’autre, le désire est naissant à cette période de la croissance.

  2. Dans ce débat, je crois qu’il faut surtout essayer de se connecter sur l’aspect scientifique/médical et laisser de côté tout ce qui peut être de l’ordre du religieux ou des choses préétablie, pas toujours justifiées. J’ai essayé d’être le plus pragmatique possible dans cet article.

    J’ai bien conscience que ça n’est pas forcément le genre de choses que la plupart des gens veulent entendre mais ça me semblait intéressant d’amener ça dans le débat. Et par dessus tout, il faut vraiment arrêter de prendre les jeunes pour des idiots.

  3. @Anonyme : Merci pour ce commentaire plein de bon sens et argumenté qui me fait voir le sujet sous une toute autre perspective.

    Plus généralement, je suis pour le débat mais les insultes ne le font pas avancer. Essayez de rester courtois et d’avancer des arguments. Merci, bisous.

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