Les Français sont-ils des putains de gros beaufs ?

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La planète Twitter a encore vibré ces derniers jours. Le 14 juillet dernier pour célébrer la révolution française, la plateforme de streaming xHamster a voulu marquer le coup à travers des statistiques provenant des recherches effectuées sur leur site. Une technique marketing bien rodée qui est devenue un running gag avec les années.

Recherches porno de 2019 en français

Pornhub s’est fait une spécialité de ces petites statistiques qui servent à alimenter les colonnes des journaux mainstream qui y voient là un bon moyen de générer du clic. Suivant ce modèle, xHamster à posté un Tweet dans lequel ils nous fournissent les recherches les plus populaires en France.

“Beurette”, “salope”, “pute” ou encore “viol” sont autant de charmants mots clés que nos chers compatriotes utilisent pour trouver des vidéos porno toutes aussi intéressantes. Entre sexisme et racisme, la France cultive cette idée de la femme soumise. Curieusement, quand on regarde les statistiques publiées par PornHub l’an dernier, il semble il y a avoir un véritable décalage avec le reste du monde. On y trouve des termes liés à certaines ethnies mais elles restent relativement respectueuses. Les utilisateurs peuvent chercher “chinois” mais jamais “chintok”, par exemple.

Racisme latent

L’hypersexualisation des noirs.es ou des japonaises est un fait mais dons notre pays ce sont les arabes qui semblent avoir la cote. Cette hypersexualisation mériterait un article dédiée au sujet mais ce qui choque surtout c’est le terme “beurette”. Issu d’un verlan torturé, ce mot est apparu dans les années 80 où les “beurs” défendaient leurs droits (c’était hier). La sexualisation des femmes arabes quant à elle n’est pas nouvelle puisqu’on y retrouve des traces dans le mouvement Orientaliste du XVIII qui représentait ces femmes dans des positions assez suggestives pour l’époque.

Rapidement le mot “beurette” est devenu un mot clé facile pour les sites porno qui ont trouvé là des niches qui attireraient le chaland sur ces boutiques de vidéos dédiées. Un mot qui deviendra vite très péjoratif par la suite. Les vives réactions à ce sujet sont donc tout à fait justifiées et la création du hastag #PasVosBeurettes a été immédiat. Les témoignages ne manquent pas sur les difficultés que peuvent rencontrer les femmes arabes.

Curieusement le tag “arab” sur les tubes n’est pas excessivement populaire, c’est un phénomène franco-français.

La mort du respect

L’utilisation des termes “pute” ou “salope” marquent bien, eux aussi, le manque de respect généralisé aux travailleurs du sexe. Si ce sont des mots qui peuvent tout à fait être utilisés dans l’intimité (avec consentement), ce qui étonne surtout ce sont ces recherches massives avec ces mots clés. Seulement en France. Dans le reste du monde, on n’utilise pas ces keywords pour trouver du porno. Une petite curiosité qui montre bien qu’il y a un réel problème d’éducation dans notre pays.

L’édito de ce mois-ci expliquait qu’il fallait avoir conscience des conditions dans lesquels le porno que l’on consulte est fabriqué, le fait est qu’en France on ne se limite qu’à quelques mots clés vaguement has-been soutenu par la production pro-am beaucoup trop populaire chez nous. D’autant plus has-been lorsque l’on découvre qu’il y a encore des personnes qui cherchent “Clara Morgane” en 2019 alors qu’elle n’a été dans cette industrie que pendant 2 ans, il y a 17 ans de cela.

Culture du viol

La véritable polémique qui est née concerne essentiellement le terme “viol” qui s’affiche comme l’un des fantasmes les plus populaires des français. Une niche du porno relativement minime dans la réalité mais qui mène à des vidéos plutôt orientées “rough sex”. S’il est toujours bon de rappeler que le porno c’est du cinéma, ce qui est surtout inquiétant c’est cette proportion de français à chercher ce genre de termes.

La plupart des tubes bloquent ces recherches mais ça n’est pas forcément le cas dans toutes les langues. On imagine que c’est un travail assez lourd de filtrer ces milliards de tags possibles et imaginables. Là encore, c’est un délire qui n’existe que dans notre pays. Quelque chose ne tourne pas rond en France.

Beaufs de France

Pour répondre à la question que pose le titre de cet article : oui, les français sont des beaufs. Ces requêtes populaires ne mènent qu’à un porno très bas de gamme et en perte de vitesse. La diversité de la pornographie en ligne et les productions très qualitatives prennent le pas sur ces productions d’un autre temps et simplement pour l’éthique ne devraient même plus exister de nos jours. Tous les fantasmes ont le droit d’exister mais il y a, dans le pays des libertés, un puritanisme nauséabond qui veut enfermer le porno dans un ghetto et ces “mots clés” sont le résultats d’un manque d’information causé par une certaine forme de censure.

La sexualité tout comme la pornographie peuvent être belles et respectueuses. Encore faut-il faire l’effort intellectuel de s’intéresser à ce qui peut exister en dehors de ces niches malsaines. Un récent article sur ce site faisait un rapide tour de la question. Peut être est-il temps de s’informer un peu ?

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