PornHub fait le ménage sur sa plateforme et supprime la moitié de ses vidéos

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Purlive

Que l’on aime ou que l’on déteste PornHub, une chose est certaine, cette plateforme fait désormais partie du paysage pornographique. Dans les mains du tentaculaire MindGeek que l’on peut qualifier du “Google du porn”. A l’image du célèbre moteur de recherche, cette société s’est construite grâce à de nombreux rachats et en bousculant de nombreuses habitudes de consommation. On vous raconte comment PornHub a totalement revu son modèle ces derniers mois.

PornHub

Succes story

Il est toujours intéressant de faire le parallèle avec YouTube détenu par Google. Arrivé sur Internet en 2005, la plateforme de partage de vidéo a connu une croissance sans précédent. Il faut dire qu’à l’époque, il n’existait pas grand chose d’user friendly. Si les frenchies de DailyMotion ont toujours évolué dans son ombre, ils n’auront jamais eu le même succès. L’industrie du porn s’est rapidement tourné vers le streaming, une technologie qui semblait être l’avenir. Le temps aura confirmé cet usage et aujourd’hui, il ne se passe pas un jour sans que les Internautes ne consomment pas au moins une vidéo de cette manière quotidiennement. Toujours à l’image de YouTube qui a toujours joué avec son statut d’hébergeur et qui comme son petit frère dédié aux adultes ont commencé leur aventure avec des contenus piratés. Finalement, que ce soit dans le mainstream ou dans l’industrie pornographique, les ficelles sont les mêmes.

PornHub est rapidement devenu un incontournable dans le secteur. Proposant un service de qualité pour tous ceux qui voulaient partager de la pornographie. Une chose impensable sur un site grand public tel que YouTube. Et à mesure que la plateforme devenait populaire, c’est surtout du côté de la modération que les problèmes ont commencé à se faire sentir. Devant l’afflux massif de contenus qui étaient uploadés tous les jours, il est vite devenu impossible de faire le tri sur tout ce qui pouvait y être partagé. Si Mingeek peut être comparé à Google, en terme de moyens financiers et technologiques, on n’est pas dans la même cours. Impossible pour PornHub de développer des algorithmes automatisés de détection comme peut le faire YouTube. C’est là qu’a commencé à se dessiner les limites du modèle.

Débordé par le contenu généré par les utilisateurs

En effet, si Google est capable de reconnaitre un extrait de film ou un titre musical, sur PornHub, la technologie n’est pas encore réellement disponible et il faudra encore probablement quelques années avant que Mindgeek puisse mettre en place de telles choses. Il est toujours bon de rappeler que le porno ne génère pas autant d’argent que l’on pourrait le penser. Même si cette société fait partie des meilleures “gagneuse” sur le secteur, on est loin des budgets de Google qui a quasiment des fonds illimités pour la recherche et le développement. Une chose qui rendra complexe la modération sur PornHub tant les contenus uploadés étaient vérifiés manuellement. Une charge de travail qui peut entrainer des mois avant la suppression d’un contenu qui ne respecte pas les CGU.

Totalement devenu ingérable, PornHub se verra alors accusé de proposer de la pornographie infantile sur sa plateforme en 2019 par l’Internet Watch Fondation. En effet, c’est plus d’une centaine de vidéos qui auront été signalées puis supprimées. Entre vidéos volées et revenge porn, de nombreux contenus auront terni l’image de la plateforme et à raison. Encore une fois, il est important de comprendre les limitations techniques et humaines de Mindgeek qui n’a jamais eu envie d’une telle publicité et qui fait son possible pour retirer ces contenus. Si on peut leur reprocher d’avoir été long à réagir, il est important de comprendre qu’il est très peu probable que PornHub voulait gagner de l’argent avec ce type de vidéos. Un raccourci que de nombreux médias conservateurs n’hésiteront pas à prendre. Les choses ne sont pas aussi simples.

Trafic et abus

Lorsque l’on laisse les utilisateurs proposer leurs vidéos et qu’il est possible de gagner de l’argent avec, toutes les dérives sont imaginables. Un phénomène que l’on retrouve aussi sur YouTube. En février, une pétition mettait en avant de nombreux abus et des scènes dont les protagonistes n’étaient pas forcément consentants et/ou exploités. Une chose que l’on retrouvera malheureusement aussi en France chez les plus grosses sociétés adultes que vous connaissez tous. Le mouvement #MeeToo a libéré la parole ces dernières années et l’industrie pornographique aura, elle aussi, profité de cette opportunité pour mettre en lumière toutes les problématiques de la profession.

Pas aussi intouchable qu’elle pourrait paraitre, PornHub a été la cible de nombreuses accusations et perdra beaucoup avec ces affaires. Des investisseurs se sont alors retiré du business de Mindgeek et en novembre, on apprend que Paypal cesse sa collaboration avec la plateforme puis, c’est au tour de Mastercard de refuser l’utilisation de son service de paiement sur le site. Il était donc indispensable de réagir. Difficile de tenir avec tous ces contenus incontrôlables dont on ne connaissait pas l’origine. Plutôt opaque sur ces questions, la société Mindgeek a donc décidé de prendre le taureau par les cornes, contraint et forcé. Un changement radical plutôt réjouissant dans les faits.

Le grand ménage sur PornHub

Une grande majorité des vidéos publiées sur la plateforme sont le fait de simples utilisateurs. Si un grand nombre de ces contenus étaient légitimes, dans le lot il y avait effectivement des scènes plutôt douteuses et des contenus piratés. Jouant son rôle d’hébergeur, PornHub prenait plutôt au sérieux les demandes de retraits même s’il y avait un réel manque de réactivité comme expliqué plus haut dans cet article. Un modèle intenable tant la quantité de vidéos était impossible à vérifier. Totalement dépassé par cette industrialisation, la plateforme a fait le choix de retirer l’ensemble de ces contenus publiés par les utilisateurs non vérifiés. Je rappelle au passage que le statut d’hébergeur reste très important et si PornHub ou YouTube se sont longtemps caché derrière, il est essentiel que ces services ne deviennent pas juge et partie car cela remettrait en cause une certaine forme de liberté sur le web tout entier. Un vaste débat sur lequel on reviendra peut être un jour ici.

Bilan de l’opération, ce sont plus de 10 millions de vidéos qui ont été retirées de la plateforme le 13 décembre. A l’heure où nous rédigeons cet article, PornHub propose désormais 3 millions de scènes, essentiellement proposées par les utilisateurs vérifiés et les studios reconnus. On ne vous cachera pas que l’on attendait ça depuis longtemps, on ne se posera plus la question de la légitimité de certaines vidéos. Encore une fois, il est important de comprendre que dans ces 10 millions de vidéos, il y avait effectivement des utilisateurs majeurs et consentants mais qui n’avaient pas forcément pris le temps de faire valider leur compte et qui ne partageaient pas forcément leurs exploits pour l’argent. Une chose est certaine en tout cas, ce grand ménage va faire du bien à la plateforme et va permettre aux utilisateurs de naviguer dans un environnement un peu plus safe.

Un mal pour un bien

Même si on nous accuse régulièrement d’être des “fan boys” de PornHub, dans la pratique, on a toujours été très critique sur tous ces aspects. Très attaché à la liberté, le statut d’hébergeur nous semble encore aujourd’hui essentielle mais clairement, Mindgeek a vraiment tardé à faire le tri. D’autant plus que la vaste majorité des contenus consommés sur la plateforme sont ceux des modèles vérifiés et ceux des studios. Aucun doute que le site va perdre en visibilité et en trafic mais si c’est pour proposer des contenus plus safes et qualitatifs, il y a de fortes chances que leur offre premium fasse de nouveaux adeptes. Ce site a maintenant une taille plus humaine et en travaillant main dans la main avec les créateurs de contenus, il a tout pour devenir un vivier de talents. On se réjouit que ce que l’on appréciait le plus sur PornHub va devenir la norme.

Parce que PornHub ça n’est pas que le sulfureux dont la presse mainstream relaie pour inciter au clic. C’est aussi un gigantesque réseau de créateurs et d’amateurs de pornographie. La diversité qu’offre l’amateur et les différents modèles qui proposent leurs contenus a tout pour être réjouissant. En tout cas, on espère sincèrement que Mindgeek va mettre un peu d’eau dans son vin et va prendre un peu plus au sérieux son rôle dans l’industrie. La plateforme reste encore un bon outil pour se faire connaitre et promouvoir ses contenus, tout comme YouTube. Reste maintenant à savoir si la vérification des membres se fera avec le plus grand des sérieux. En effet, désormais il faut montrer patte blanche avant de pouvoir diffuser ses contenus sur PornHub. C’est une excellente nouvelle même si on aurait aimé que la démarche soit un peu plus spontanée.

Enfin, on remarquera tout de même qu’à aucun moment les détracteurs qui se battent contre cette plateforme n’ont demandé d’enquêtes sur l’origine de ces vidéos illégales car on sait tous que mettre les véritables problèmes sous le tapis résout toujours tout.

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