Pornographie et censure ordinaire

La pornographie n’a jamais été aussi accessible que depuis l’avènement de l’Internet à haut débit. Très populaire, les statistiques font tourner les têtes et penser que les gens ne souhaitent pas voir ce type de contenus serait un énorme mensonge. Toutefois ce secteur est très touché par la censure. Le mot est un peu fort mais c’est une réalité.

Décolleté

Je ne vais pas vous la refaire, réussir à diffuser des contenus adultes sur un réseau social relève du miracle. La nudité dérange toujours malgré la révolution sexuelle des années 70 et la facilité avec laquelle on peut, aujourd’hui, trouver un partenaire pour s’envoyer en l’air. Sous couvert de protéger les plus jeunes, la censure du sexe et plus particulièrement de la pornographie est présente partout sur l’Internet “mainstream”. Personne ne s’en offusque, c’est même devenu quelque chose de “normal”. Non, ça n’est pas normal.

Le sexe est une belle chose et fait partie des plaisirs qu’offre la vie. Quand la presse et les médias en parlent, c’est très souvent en mal et ne montrent que les mauvais côtés de la sexualité. La pornographie, quant à elle, est totalement décomplexée et s’en amuse. Les amateurs de porno se font du bien, en quoi est-ce un mal ? A part pour une poignée d’extrémistes religieux, la masturbation n’est ni malsaine ni quelque chose que l’on doit interdire. Au contraire, depuis des années on sait qu’elle est même recommandée et participe à une bonne santé.

C’est vrai, on accède maintenant de plus en plus vite à la pornographie. Les plus jeunes grandissent plus vite et alors qu’on craignait que la génération digitale aurait sombré dans la débauche, la réalité est tout autre. Les jeunes générations sont même plus chastes que les précédentes. On est loin de la catastrophe annoncée depuis une décennie. Dans un sens, le sexe virtuel à réussi à ouvrir les esprits mais c’est toujours du côté de l’éducation qu’il reste des choses à faire. Les jeunes gens ne sont pas aussi stupides qu’on ne le pense et sont capables de discernement pour faire la différence entre la réalité et le cinéma.

On est face aux mêmes préjugés du jeu vidéo qui rendrait ultra-violent. Dans les faits, là aussi, c’est tout l’inverse qui se produit. Le gaming ayant tendance à favoriser les réflexes psychomoteurs et font travailler des parties du cerveau qui ne sont pas souvent sollicités habituellement. Finalement, c’est surtout le traitement médiatique de tous ces sujets qui donne une mauvaise image au sexe et à la pornographie. Le puritanisme américain est nauséabond et voudrait nous faire croire que prendre du plaisir serait une mauvaise chose. Manipulation de masse ?

Le sujet qui revient le plus souvent sur la table, c’est celui de la porno-dépendance. Pourtant on ne parle que très rarement de ce qui mène à ce type de comportements. Généralement, les personnes qui s’enferment dans quelque chose (le jeu, la drogue) ont, la plupart du temps, de réels troubles ou psychologiques extérieurs à leur addiction. Des mal-êtres dont on parle peu, les médias préférant faire du sensationnalisme et accuser des divertissements populaires. On s’est trompé d’ennemi. Notre société va trop vite et pour beaucoup, c’est ce qui cause du stress et tous les problèmes évoqués.

On peut aussi lire que la consommation “excessive” de pornographie provoquerait des dysfonctionnements érectiles chez les hommes. Encore une fois, ces “études” ne s’attardent que très rarement sur l’environnement social des sondés et on ne se pose jamais la question de savoir si des éléments extérieurs pourraient être responsables de ces problèmes. Les cadences au travail et la productivité brutale sont peut être des points à prendre en compte ? A priori, ça n’intéresse que très peu les médias. J’admets que se masturber plus de 20 fois par jour peut, effectivement, provoquer des problèmes techniques.

Tout n’est pas parfait, je le conçois. J’évoquais, dans un autre article, l’effet que pouvait avoir le porn sur notre perception de la sexualité. Je continue à penser que l’industrie du X peut avoir son mot à dire sur l’éducation sexuelle puisque personne d’autre ne semble vouloir le faire. PornHub y est même allé de son site dédié. Si c’est une bonne chose, on peut aussi s’attrister que ce soit un site porno qui fait le travail.

La censure n’est jamais bonne pourtant on accepte sans mal que la pornographie soit interdite. On trouve normal que le sexe n’ait pas sa place dans notre société. Pourtant il y a de quoi être scandalisé, surtout quand on sait qu’on a tendance à de moins en moins se protéger. Alors que l’on peut regarder autant de vidéos que l’on veut, on n’est plus sensibilisé aux risques de MST qui font toujours des victimes. Quand on voit les budgets prévention fondrent comme neige au soleil, il y a de quoi s’inquiéter.

Enfin, dans les pays où la pornographie est complètement censurée, on constate une très nette augmentation des agressions sexuelles. Sans ce “défouloir”, il semblerait que les gens pètent un câble et n’ont plus le sens des réalités. A double tranchant, cette fermeture au sexe provoque les effets inverses de ceux recherchés. Pourtant, en 2017, on ne peut pas partager de la pornographie en toute liberté. Dire que le porn est utile serait peut être un peu fort mais dans les faits, il participe réellement à équilibrer nos sociétés modernes. C’est pas dingue ça ?

Oui, il y a des gens qui ne veulent pas voir de pornographie dans leur fil d’actualité tout comme il y a des vegans qui ne souhaitent pas voir des photos de steak haché ou des gens qui n’ont pas envie de lire les articles du Monde ou du Figaro. Est-ce une raison pour censurer ces contenus ? Non. Il suffit de ne pas suivre, masquer ou bloquer ces contenus. La censure n’a pas de sens, n’est pas légitime et est dangereuse.

Surveiller les enfants quand ils sont sur Internet est un travail complexe mais ça fait partie du job de parent, accuser la pornographie est probablement plus simple que d’assumer ses responsabilités.

Nous avons besoin de vous !

Tu as aimé cet article ? Tu peux nous soutenir en achetant l'un de nos t-shirts, faire un tour sur notre sexshop. Si tu n'as pas de thunes, tu peux aussi nous aider en partageant cet article sur les réseaux sociaux.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here