Qui veut tuer les tubes ?

PornhubSi l’industrie du porno cherche désormais des solutions pour survivre, le principal fautif de cette crise d’envergure en revient aux tubes qui sont devenus très populaires en quelques années. Pornhub, Redtube ou encore Youporn, tous possédés par MindGeek sont les ennemis à abattre pour sauver les producteurs de porno qui ne sont pas aussi nombreux que l’on pourrait le croire. La gratuité s’est vite généralisée mettant en péril beaucoup de studios dont la plupart ont déjà fermé faute de revenus suffisants. Contrairement au piratage « classique », nous avons à faire ici à un vol massif de contenus par des sites reconnus et qui sont aujourd’hui la référence dans le domaine.

C’est justement tout le problème de fond de cette crise qui commence sérieusement à inquiéter car le business de ces sites de streaming s’est basé sur le fait qu’il ne payaient pas les vidéos qu’ils diffusaient, en tuant l’industrie, ils se sont vus dans l’obligation de sauver certains studios augmentant par la même occasion le coût de leurs plateformes. Les leaders du marché se voient alors dans l’obligation de proposer des offres premiums mais seront elles suffisantes pour trouver un équilibre financier ? La publicité qui nourrit les tubes est elle aussi menacée par les bloqueurs de publicités, on note une perte sèche de l’ordre des 30% et ce chiffre ne fait qu’augmenter sans parler de l’arrivée de ces bloqueurs sur mobile qui devrait rapidement se généraliser.

Alexis Texas

Les tubes ne sont clairement pas les seuls coupables de ce problème de taille car le porno amateur a lui aussi contribué à la diffusion gratuite de contenus pour adultes et a aussi profité des évolutions technologiques offrant désormais des vidéos capables de rivaliser avec le gonzo professionnel. C’est d’ailleurs un secteur très apprécié sur les tubes où l’hébergement des médias est devenu très simple. Bien entendu, ces plateformes regorgent de bonnes choses et le principe est tout à fait génial car il offre une véritable opportunité de promotion des contenus payants mais malheureusement les tubes se cachent derrière leur statut d’hébergeur et vivent essentiellement du piratage, c’est un fait.

A l’heure où le modèle de la publicité est très largement remis en question, il semble difficile de croire que les tubes survivront de cette manière durant l’ère post-AdBlock. Imaginer que tous ces sites gratuits deviennent payant un jour n’est pas totalement farfelu même si les géants comme Pornhub tentent de se diversifier, il faudra bien payer les coûts de production et d’hébergement. Finalement ces sites pirates commencent à connaitre les mêmes problématiques que les studios de production il y a quelques années.

Là où l’on vendait des abonnements à la pelle il y a quelques années, aujourd’hui il faut de solides arguments pour convaincre et avec les acteurs de l’affiliation avec qui il faut composer c’est un peu complexe. Les spécialistes marketing du porno connaissent eux aussi cette crise et ont de plus en plus de mal à vendre leurs vidéos qui commencent sérieusement à dater et offrent une qualité fortement discutable ce qui n’incite clairement plus au passage à la caisse. Désormais il faut faire dans le qualitatif, Dorcel ou John B. Root (à lire : son interview sur 69 Desirs) font partie de ceux qui tentent de garder leur clientèle en proposant régulièrement du bon porno mais ils profitent de leur notoriété en France, ça n’est pas le cas des autres petits studios ou de ceux qui veulent se lancer dans le business.

Masturbation dans la baignoire

Très clairement les tubes ne sont pas les seuls responsables car la profusion de porno médiocre n’a pas aidé l’industrie. On peut facilement faire une analogie avec la crise de l’industrie du jeux vidéo dans les années 80 où la plupart des produits vendus étaient mauvais. C’est aussi au consommateur de prendre conscience que sa petite branlette sur YouPorn a un coût et qu’il est clair que les choses ne resteront pas toujours ainsi. Le marché évoluera et entre nous, le porno est l’un des rare secteur où il est facile de trouver du contenu de qualité à bon prix. Bien entendu certaines niches trouveront toujours des clients mais il est évident qu’il faut repenser le modèle du tout gratuit qui montre maintenant ses limites.

Le passage au numérique n’a pas été simple pour le porno et il faut composer avec les acteurs qui ne jouent pas le jeu de la concurrence loyale rendant bien plus difficile l’évolution des produits proposés, aujourd’hui les regards ne se tournent plus vers la vidéo mais d’autres formats comme la cam ou la VR mais rien ne dit que ces nouveaux marchés potentiels représentent l’avenir du X sur Internet…

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