Rayon X : Claude Gaillard et Guillaume Le Disez reviennent avec un nouveau livre

Si vous aviez apprécié “Les Films de Culte” dédié à Brigitte Lahaie ou l’improbable ouvrage “Les pires parodies X sont souvent les meilleures”, les deux compères Claude Gaillard et Guillaume Le Disez reviennent avec un nouvel ouvrage financé sur Kiss Kiss Bank Bank. Un succès incroyable pour des objets qui le sont tout autant. Ils ont accepté de nous accorder un peu de leur temps pour nous parler de “Rayon X”.

Rayon X

– Il y a déjà 4 ans, vous avez publié “Les Disques de Culte” qui a reçu un très bon succès, vous vous attendiez à une telle réception de la part du public ?
– Ça a été une surprise formidable. Nous pensions que le livre sur Brigitte Lahaie et le vinyle des musiques de ses films n’intéresseraient que des cinéphiles déviants comme nous, on a vu que ça nous dépassait et qu’il y avait autour du porno vintage des expériences partagées par plein de gens et pas seulement de notre génération de quadras.

– On ne va pas se mentir, il y a une réelle nostalgie dans ce que vous proposez, cette période bénie du X vous manque ?
– Oui on aime ce cinéma X de l’âge d’or qui était festif, insouciant, avec des gens qui s’éclataient à exciter autant qu’à faire marrer les spectateurs, à baiser et à choquer les bien-pensants. Ce sont des films que nous avons découverts avec la VHS. Nous avons de bons souvenirs de cette époque où on se faisait des films X entre potes, garçons et filles, on ne se cachait pas comme maintenant pour regarder du porno. Paradoxalement, tout le monde en regarde plus que jamais aujourd’hui mais on en discute beaucoup moins.

– Quel regard portez-vous sur les productions actuelles et le streaming devenu le standard aujourd’hui ?
– Le streaming est d’une efficacité imparable dans la satisfaction des envies individuelles, il n’y a pas de retour en arrière imaginable. Mais ça s’est aussi accompagné d’une destruction de valeurs incroyables. Il n’y a jamais eu moins d’argent pour financer le X. Le porno a un poids économique décroché de son usage phénoménal. D’abord ça contribue à le ghettoïser et puis on pense que ça contrarie beaucoup le développement de propositions plus actuelles, plus en prise avec la sexualité des gens maintenant. Ce n’est pas évident de faire exister des styles différents entre le porno chic “vitrine” d’un côté et l’océan amat’ de l’autre.

– J’ai pensé à vous alors que je déambulais dans un Cash Converters qui proposait un rayon DVD adulte assez conséquent. Si j’en crois le vendeur, ça marche très bien. Selon-vous il y a encore une communauté de passionnés amoureux de “l’objet” ?
– Il y a des communautés autour de la VHS, donc logiquement il s’en développe avec le DVD, ne serait-ce que parce que ça se raréfie ! Et oui, l’objet nous sert à matérialiser en dehors de nous ce qu’on aime. Le renouveau du vinyle correspond à ça, on veut avoir entre les mains notre musique préférée.

Anal Lambada

– Finalement, est-ce que cet acte d’achat en boutique n’a pas quelque chose d’interdit et d’excitant ?
– Disons qu’aujourd’hui, la consommation de pornographie est une expérience intime et immédiate. Il y a quelques années, il était nécessaire de sortir de chez soi, d’affronter le regard d’une ouvreuse ou d’un gérant de vidéo club. Il fallait faire la démarche, l’assumer et cela lui conférait une certaine valeur. Ta cassette porno, tu la savourais. Elle t’avait coûté de l’argent mais aussi du courage et puis tu avais aussi le plaisir de déambuler face à ces murs de jaquettes, de promesses… Tout le moment sait que le meilleur moment, c’est l’avant !

– Vous avez lancé un Kiss Kiss Bank Bank pour “Rayon X”, n’avez-vous pas rencontré des réticences de la part des plateformes de financement participatif pour ce genre de projet ?
– C’est le grand paradoxe de l’époque. On n’a jamais autant consommé de pornographie, elle n’a jamais été aussi accessible, mais il semble que le sujet n’a jamais été aussi “Touchy”. On ne sait pas si on peut parler de véritables réticences, mais il est certain que tout le monde prend désormais beaucoup de précautions. A commencer par nous. Il a fallu adapter notre communication aux règles des réseaux sociaux. Ce qui n’est pas évident, parce qu’avec Rayon X, on est, de fait, souvent sur le fil du rasoir.

– J’imagine qu’il est impensable de trouver un éditeur ou quelqu’un d’assez dingue pour financer de tels produits ?
– Rien n’est impossible. La preuve en est, nous avons chacun sorti des livres traitant de la pornographie chez de grandes maisons (Glénat et Dargaud, pour ne pas les citer) mais nous savions par expérience, que ce type de collaboration ne se fait pas sans concessions. Pour “Rayon X”, nous voulions aller au bout de la démarche, offrir une expérience intégrale au lecteur, lui proposer les jaquettes sans censure, exactement comme on les voyait sur les linéaires des vidéo clubs des années 80 et 90. Et un livre comme ça, effectivement, aucun éditeur ne se risquera à le faire de lui-même. Ce n’est pas un problème strictement lié aux éditeurs, mais à la chaîne de traditionnelle distribution du livre. Le proposer en financement participatif sur Internet nous a ainsi semblé une évidence.

– Pouvez-vous nous parler un peu plus de “Rayon X” ?
– Il faut dire que c’est un livre objet au concept assez unique. Il regroupe la première anthologie au monde de jaquettes VHS classée X, avec des reproductions en taille réelle. Et c’est aussi une enquête inédite sur l’explosion du porno sur cassette vidéo. Nous avons rencontré, interviewé ceux qui ont participé à cette industrie, des producteurs, éditeurs, commerciaux, gérants de vidéo clubs et bien sûr, ceux qui vouent aujourd’hui encore, un culte au Dieu Magnétoscope et font vivre (ou survivre) le support et cette culture pornographique.

Le Seigneur des Anus

– Il y a de nombreuses contreparties pour les personnes qui financent le projet, pouvez-vous nous parler de tous ces objets ?
– Il y a les t-shirts avec les logos des éditeurs mythiques. Pour les choisir, nous avons consulté les connaisseurs et nous avons retenu ceux qui nous étaient cités le plus souvent. On en connait qui seront trop fiers avec leur t-shirt Punch Vidéo quand ils croiseront quelqu’un qui leur enverra un regard entendu et admiratif !

On a aussi préparé des DVD, avec des films inédits que nous traquons depuis des années. Il y a “Touchez Pas au Zizi”, une comédie érotique gentiment débile mais avec Brigitte Lahaie totalement canon et nue tout le film, qu’un éditeur moyennement scrupuleux avait sorti en VHS en le retitrant “L’Exé-Q-Trix” avec des inserts hard, au moment où sortait au cinéma “L’Exécutrice” dans lequel Brigitte faisait la flic de choc à la Belmondo. On mettra cette version en “VHS-vision” sur le DVD en bonus du film restauré en 4K à partir du négatif original !

Il y a aussi nos livres respectifs et celui de Nicolas & Bruno avec leur film composé de détournements d’extraits de films X des années 80 “A la recherche de l’Ultrasex” qui est pour nous une des choses les plus drôles jamais créées !

– Les jaquettes de cette époque étaient assez cocasses, vous avez des préférées ?
– Claude : “Bourgeoise par devant, Pute par derrière”.
– Guillaume : celles de “Anal Lambada” ou du “Seigneur des Anus” sont de beaux moments de what the fuck.

– Comment avez-vous retrouvé tous ces films, vous êtes collectionneurs peut-être ?
– En travaillant sur la documentation de “Les pires parodies X sont souvent les meilleures”, Claude a fait remonter à la surface des centaines de jaquettes. Elles étaient si belles, si drôles, si kitsch, qu’on s’est rendu à l’évidence, il fallait les reproduire pour ne pas qu’elles disparaissent. Puis l’idée de mener une enquête sur les folles années de la vidéo X sur VHS est arrivé d’elle-même.

– On espère que ce nouveau projet aura autant de succès que le précédent, quelque chose à rajouter ?
– Merci à vous de vous intéresser à notre bouquin. Un gros big-up à tous les contributeurs qui sont déjà derrière nous, et tous les autres on vous attend, vous êtes les bienvenus, et plus on sera nombreux plus on fera un beau livre !

Rayon X - Jaquettes VHS porno

Si le livre est d’ors et déjà pleinement financé, on ne peut que vous inviter à continuer à participer afin d’obtenir les nombreux goodies qui ne seront distribués qu’aux backers. Des objets qui intéresseront les plus collectionneurs d’entres-vous. La qualité est bien au rendez-vous et si vous aussi vous aimez cette période fleurissante du porno, cet ouvrage fera très classe dans votre bibliothèque.

Accéder au Kiss Kiss Bank Bank de Rayon X

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