Sites de rencontres et eugénisme numérique

Les sites de rencontres sont apparus à peu près en même temps que la démocratisation de l’Internet dans les foyers. Au départ, de grandes idées qui auraient dû changer le monde se sont rapidement transformées en machine à cash et le business devenant très juteux, aujourd’hui de grands groupes se partagent le gâteau et le but réside surtout dans le fait d’attirer le plus de clients possible avec des modèles économiques qui pourraient poser problème (et qui ne sont pas toujours très cleans).

A la recherche de l'amour sur les sites de rencontres

J’avais déjà évoqué cette Tinderisation qui a plutôt tendance à foutre en l’air les bonnes idées plutôt qu’autre chose mais pour aller plus loin dans cette réflexion et à force de traîner sans grande conviction sur ces plateformes, j’ai réalisé que les stéréotypes et que de nombreuses choses superficielles entraient en jeu. Je ne vous cacherai pas que ça n’est pas forcément une bonne nouvelle.

Le fait est que les sites de rencontres proposent (à part pour les Tinder-like mais le problème reste entier, je vais y venir), beaucoup d’options afin de trouver l’être idéal avec qui partager sa vie et faire 1,93 enfants. Si dans la théorie, ces moteurs de recherche de gens peuvent effectivement permettre de trouver un beau brun aux yeux bleu et qui mesure 1m90, dans la pratique se pose cette question de l’eugénisme.

En effet, la culture du superficiel de notre société font que l’on va forcément chercher une personne stéréotypée (consciemment ou pas). Commence alors à se dessiner le problème dont je voulais vous parler. En effet à force de toujours se tourner vers le même type physique, n’est-on pas en train de définir un Être humain standardisé ? Une norme assez pathétique qui risque de limiter la diversité des gènes.

Quand je parle d’eugénisme numérique, je pense surtout au fonctionnement de ces plateformes de rencontres qui favorisent ça et qui ne laissent que très peu de place à l’aléatoire ou à l’improbable. Vous me direz qu’il est possible d’aller dans le monde réel pour régler ce soucis mais quand on sait que la solitude et l’isolement sont les maux de notre décennie, on est tout de même en droit de s’interroger sur la place que peuvent prendre ces sites dans une future évolution de l’espèce humaine. D’autant plus qu’au train où vont les choses ces problèmes sociaux ne vont pas aller en s’arrangeant.

Le concept de Tinder a poussé le délire encore plus loin en ne basant les rencontres que sur le physique. Au delà du fait que l’on peut tout à fait zapper quelqu’un qui pourrait nous plaire (causé par la gamification de la rencontre), cette idée que seule l’apparence (ou une bonne photo) est importante va tout à fait dans le sens d’un eugénisme qui favoriserait les « gens beaux », selon les modes du moment. Les écrans nous coupent aussi de signaux indispensables (hormones, phéromones) qui font que, parfois, on va s’attarder sur une personne qui ne correspond pas forcément à un idéal fantasmé.

Parce que c’est probablement ce fantasme qu’un site de rencontres serait en mesure de nous trouver la personne parfaite qui est à l’origine de cet eugénisme. Je ne jette la pierre à personne, je crois que nous sommes tous plus ou moins comme ça mais quand on y pense, il serait peut être intéressant de sortir de ces recherches ultra-précises et essayer l’aléatoire et qui sait ? Une belle surprise est peut être au bout du chemin ?

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7 Commentaires

  1. Est-ce que tu ne serais pas en train de convaincre les femmes de descendre le curseur de 1m90 à 1m60 ? 🙂

  2. Alors, déjà, va te faire foutre et je mesure 1m70. Ensuite, c’est exactement de ça dont il s’agit. Typiquement si tu mets une option de taille ou de poids (des choses qui ne sont pas toujours parfaitement renseignées, d’ailleurs), tu peux tout à fait passer à côté de la personne idéale pour une histoire de quelques centimètres. Du coup, si tu ne rentres pas dans cette case uniformisée, les chances de rencontres sont moindre et il y a fort à parier que tu passeras à côté de l’essentiel.

    Cet exemple de la taille est tout à fait parlant, j’ai eu le cas de nombreuses fois où des femmes avaient de très nombreux points communs avec moi mais dont la seule réponse aura été « tu es trop petit ». Je passe aussi les « tu es trop mince », « tu es trop geek », bla bla bla. On enferme les gens dans des stéréotypes et ces petites cases à cocher amplifient ces stéréotypes. Il faut absolument appartenir à une classe sociale ou à un groupe.

    En vrai, c’est moche.

  3. Oui, tout à fait mais penses-tu qu’une personne qui mesure 1m89 ne pourrait pas te plaire parce que tu cherches quelqu’un qui fait 1m90 ? (Pour rester sur le même exemple.)

  4. Commencer par s’affranchir des critères de poids, de taille, de couleur de cheveux et j’en passe… Ça serait déjà un bon début, non ?

  5. Je valide l’analyse! La réalité dépasse souvent le virtuel.
    Ayant testé plusieurs fois des sites divers, j’ai fait des rencontres sur chacun d’entre eux et pourtant… Ce sont les personnes « imparfaites » que j’ai rencontré dans la vraie vie avec lesquels mes histoires ont le plus duré. J’irais même plus loin: si j’avais croisé ces mêmes personnes sur un site, je ne leur aurais pas prêté attention et pourtant… ils étaient des types géniaux.
    J’ai un mot pour ce genre de phénomène: le syndrome des cases à cocher. Genre: il est blond, trop con j’aime les bruns – ou dommage il m’a dit qu’il fait 1m72, à moins d’1m80 c’est non. Sérieusement? Lâchez vos écrans, ils y a des gens plein de (bonnes) surprises et qui attendent des personnes sincères pour partager leurs moments – pas des cocheurs de cases compulsifs.

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